<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634</id><updated>2011-10-30T17:48:33.129-07:00</updated><category term='Introspection'/><category term='Poésie'/><category term='Haïku'/><category term='Fiction'/><category term='Nouvelle littéraire'/><category term='Essai littéraire'/><title type='text'>Je rêve de langage...</title><subtitle type='html'>Espace poétique, car le 2.0 est rendu la meilleure façon de distribuer sa propre parole.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>47</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-565168468485054453</id><published>2011-03-22T18:39:00.000-07:00</published><updated>2011-03-22T18:40:12.292-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Poésie'/><title type='text'>Miroirs</title><content type='html'>Deux miroirs qui se font face l'un et l'autre. Et qui, sous le poids de leur vide mutuel, se fissurent.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-565168468485054453?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/565168468485054453/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2011/03/miroirs.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/565168468485054453'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/565168468485054453'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2011/03/miroirs.html' title='Miroirs'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-6817803345233768594</id><published>2010-04-11T18:15:00.000-07:00</published><updated>2010-04-11T18:17:20.770-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fiction'/><title type='text'>La fille de l'iceberg</title><content type='html'>Il y eut, au tout début, le vide infini de l'univers. Puis, apparut un point d'eau, au centre. Ce point, au lieu de se geler dans le froid glacial s'agrandit pour devenir une gigantesque étendue qu'on appelait l'océan. À chacune de ces extrémités, l'eau se déversait dans l'espace et retournait dans la mer. C'était ce qu'on appelait le bout du monde, là où les choses disparaissaient pour de bon. Il y eut également une énorme montagne, en plein centre de l'océan. Un énorme rocher qui ne se déplaçait pas et qui trônait, à mi chemin entre toutes les fins du monde. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement, toute l'eau qui se jetait dans l'univers pour revenir dans l'océan commença à geler, peu à peu. C'est ainsi qu'apparut le mur de glacier, barrière naturelle qui empêchait l'eau de se déverser indéfiniment. La mer se réchauffa, peu à peu, grâce au soleil et le mur de glace commença à perdre des morceaux de lui-même, qui partirent à la dérive pour finir leur course en s'écrasant sur le continent, ou alors complètement fondu par le soleil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un de ces gros icebergs avait décidé de se laisser flotter, sans trop se jeter vers le continent pour ne pas se briser sur les rochers. Il fondait, mais très lentement. Devant lui, il en avait encore pour quelques siècles à se laisser bercer par les vagues de l'océan. À travers sa solitude, le glacier avait accepté son funeste sort, comme tous les autres. Puis, un jour, il tomba amoureux d'un rayon de soleil. Ce dernier pénétra le glacier pour ne plus en ressortir. Les deux s'aimèrent ainsi pendant quelques décennies, insouciants des conséquences que pouvait provoquer la présence d'une larme de soleil à l'intérieur d'un être de glace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par un chaud crépuscule, le rayon quitta le glacier, considérant leur amour impossible. En s'échappant de son antre de glace, il perça un trou par lequel pleura l'iceberg. Sans le savoir, le trait de lumière laissa derrière lui une gerbe de soleil qui se replia sur elle-même, comme un oeuf.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'orbe se développa, malgré la froideur qui avait envahi le coeur du glacier. Celui-ci avait entrepris une longue dérive, prêt à se jeter sur les récifs montagneux. Une nuit, alors que la montagne s'approchait dangereusement, une forte lumière jaillit du trou laissé par le rayon de soleil. L'orifice s'agrandit un peu plus, sous la chaleur intense. De cette blessure sortit une jeune fille à la chevelure de feu et à la peau de glace. Ses yeux brillaient comme le reflet du soleil sur l'eau gelée et les traits de son visage semblaient taillés dans le verre. Elle paraissait translucide sous la lueur de la lune. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hélia, parce que c'était le nom que lui avait donné son père, s'assit au sommet de l'iceberg et regarda à l'horizon, vers le bout du monde. Sur son glaçon géant, elle voyait la mer s'étendre à perte de vue, sans fin possible. Les premiers mots qu'elle dit à son père furent : «Qu'il y a-t-il, au bout du monde?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Le vide glacial.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fille de l'iceberg hocha la tête en signe de compréhension et continua de regarder le paysage désertique s'animer dans la noirceur de la nuit. Les mystères du Nord s'éloignaient peu à peu, à la vitesse de la dérive du glacier. &lt;br /&gt;Ce qui devait arriver arriva. L'iceberg heurta la montagne de plein fouet et se brisa en milles parcelles. Hélia fut jetée sur la grève, entourée des morceaux épars de son père. Pour la première fois, les cristaux de ses yeux quittèrent l'infini horizon et se noyèrent de larmes. Les premières gouttes qui quittèrent ses yeux se transformèrent en petits diamants et se mêlèrent à la rocaille. Puis, ce furent des torrents d'eaux qui s'éparpillèrent et dans la mer et dans la montagne, créant lacs et rivières. Le rocher, surpris de cette intrusion, éleva sa voix, qui semblait émaner de toutes les pierres l'ayant formé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Qui ose troubler mon calme?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- La fille d'un iceberg au coeur brisé. Mon père s'est jeté sur la pierre, pour éteindre la douleur qui l'accablait.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Surprise par cette douce voix, la montagne regarda, de toutes ses pierres, la fille du glacier. Sa beauté glaciale réchauffa le centre du rocher, qui en tomba amoureux. Il ouvrit une caverne et proposa à la jeune pleureuse de l'épouser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Je ne saurai jamais aimer, si je suis pour me briser en mille morceaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Alors laisse-moi t'aimer et continue de rêver à la mer. Je te protègerai de la traîtrise du soleil, dans mes cavernes. Je m'abreuverai de tes larmes d'eau douce et je n'en serai que comblé.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hélia prit un des blocs de glace issus de son père et le plaça à côté de son coeur. Elle cessa d'avoir mal, autant gelée à l'intérieur qu'à l'extérieur. Elle accepta l'offre de la montagne et pénétra dans la caverne, pour se réfugier au centre de la terre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les siècles passèrent et l'amour du rocher pour la jeune fille ne faiblit jamais. De cette passion sans issue naquit les premiers hommes. Certains eurent la peau terreuse comme la montagne, d'autre furent plus nacrés, comme Hélia. Celle-ci ne voulait toutefois pas les voir, étant incapable de ressentir un attachement pour eux. Le glaçon qu'elle avait caché s'était soudé à son être et elle en était devenue incapable d'aimer quoi que ce soit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hélia sortait la nuit, lorsque les hommes dormaient. Elle gravissait la montagne pour se retrouver au plus haut sommet et elle regardait vers le bout du monde, comme lorsque son père était encore un glacier millénaire. Quand le soleil faisait son apparition, jetant ses premiers rayons sur l'eau, la fille de l'iceberg pleurait, formant à chaque fois des chutes d'eau sur la terre rocailleuse du rocher qui jamais ne cessait de l'aimer. Et elle retournait se cacher, avant même que les premières lueurs ne l'atteignent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis, un jour, la montagne n'en put plus de voir son amour se tordre de tristesse à toutes les nuits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Que se cache-t-il, derrière l'horizon que tu fixes à toutes les nuits?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Le bout du monde. Là où se cache sans doute le rayon de soleil qui m'a donné la vie.»&lt;br /&gt;Hélia reçut de la montagne une embarcation, créée par ses enfants, les hommes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Va. Et ne regarde jamais derrière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pourquoi m'incites-tu à partir? Ne m'aimes-tu donc pas?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Si je ne t'aimais pas, je te garderais cloîtrée ici. Pars, mais ne me regarde pas.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fille de l'iceberg prit place dans le bateau et quitta pour l'horizon. Pour la première fois depuis longtemps, le rocher pleura. Des fleuves jaillirent de ses interstices. L'eau circulait si fort qu'elle éroda la surface de pierre. Lorsque la barque disparut du champ de vision de la montagne, la terre trembla et se sépara, emportant les hommes aux quatre coins de l'océan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hélia mit près d'un siècle pour se rendre sur les eaux glaciales de la fin du monde. De son bateau, elle vit plusieurs glaciers à la dérive. Le morceau de glace qu'était devenu son coeur s'anima et elle salua les frères de son père, qui lui répondirent. La rumeur s'était propagée parmi les icebergs. Un des leurs avait mis au monde une jeune fille aux cheveux de feux et à la peau de glace. Tous les glaçons géants qui croisèrent Hélia furent surpris de voir que la légende était donc vraie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Où vas-tu?» lui demandaient-ils tous. «Au bout du monde!» Elle avait la conviction qu'elle retrouverait le rayon de soleil qui avait aimé son père là où la mer se jetait dans les étoiles. Devant tant de beauté, tous les glaciers, sans exception, décidèrent de suivre la barque, dans l'espoir de trouver, eux aussi, un rayon de soleil qui pourrait les couvrir d'amour. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils arrivèrent tous, au bout de l'océan. Derrière le bateau, c'était maintenant une gigantesque montagne translucide qui se mouvait lentement. Mais, à la vue de l'univers, la masse de glace s'arrêta, effrayée. Hélia, toutefois, n'en tint pas compte et continua d'avancer vers les étoiles. Elle se retourna et fit de grands signes à ses oncles. Tout ce qu'ils purent voir d'elle, c'étaient ses yeux, deux diamants qui irradiaient dans la noirceur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hélia s'aperçut que les glaciers avaient cessé d'avancer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Attendez-moi ici! Je reviendrai!» leur cria-t-elle. Elle se retourna vers la fin du monde et plongea de son bateau. Elle nagea jusqu'à la chute et se laissa tomber parmi les étoiles pour disparaître dans l'infini, ses deux yeux brillants devenant les premières étoiles filantes dans le ciel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le poids de l'armée de glace, qui ne bougea jamais de son emplacement, fit courber la mer, à un point tel qu'elle se replia sur elle-même. Au bout de quelques siècles, l'océan était devenue une sphère parfaite sur laquelle dérivait des parcelles de la montagne brisée et quelques icebergs fatigués d'attendre. Ce sont ces glaciers errants qui dirent au rocher démantelé ce qu'était devenue Hélia, soit deux points scintillants dans le ciel de la nuit. C'est ainsi que les chaînes des montagnes s'élevèrent, afin de permettre aux étoiles filantes de s'agripper à leurs cimes, si l'envie leur prenait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui encore, la terre s'étend, discrètement, pour recueillir les parcelles d'un amour qu'elle aura entretenu, sans rien attendre en retour. Et grâce à la calotte glaciaire, plus jamais personne n'aura peur de sombrer au bout du monde.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-6817803345233768594?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/6817803345233768594/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2010/04/la-fille-de-liceberg.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/6817803345233768594'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/6817803345233768594'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2010/04/la-fille-de-liceberg.html' title='La fille de l&apos;iceberg'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-1551095854715458271</id><published>2010-02-21T15:55:00.000-08:00</published><updated>2010-02-21T15:57:30.218-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nouvelle littéraire'/><title type='text'>À deux cents nuits à l'heure</title><content type='html'>Je me suis réveillé dans un sursaut, sous la douce lueur de l'aube qui pointait à travers la fenêtre de ma chambre. Je ne reconnaissais pas les murs de mon appartement, la disposition des meubles, les couleurs environnantes. Le souffle court, je cherchais des morceaux du rêve qui m'avait mis dans un tel état, mais en vain. La seule chose qui me restait en tête, c'était cette douce voix qui me susurrait à l'oreille : «Montréal.» Sans plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Était-ce le matin? Je n'en avais aucune idée, malgré la clarté qui se pointait à l'horizon du ciel. Mais je me suis levé, même si la fatigue me collait les yeux. En activant l'interrupteur, la lumière inondant ma chambre m'a permis de remarquer le paquet de cartes à jouer qui était éparpillé sur le plancher, à côté de mon lit. Toutes faces contre terres, sauf une, le roi de cœur, en plein centre du chaos. &lt;br /&gt;J'ai ramassé les cartes à jouer, prenant la peine de toutes les replacer dans le même sens et je suis passé de ma chambre au salon, le pas lent, encore engourdi par le sommeil. Les lueurs matinales qui ne cessaient de croître au loin m'indiquaient que le matin n'était pas encore très loin. Dans la cuisine, je pouvais entendre quelques gouttes d'eau intermittentes qui s'écrasaient dans l'évier tout en faisant écho sur les murs de mon appartement trois pièces. Ces petits sons, qui d'habitude rythmaient mes journées, me semblaient insupportables, dans la pénombre matinale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis assis sur le sofa du salon, en essayant de ramener à moi quelques bribes de rêve, pour justifier Montréal. Sans réfléchir vraiment, mes pensées se tournaient toutes vers le roi de cœur, seul au sommet d'une chaotique disposition de cartes mélangées. À quelque part, au fond de moi, j'ai alors songé que Montréal et lui devaient être liés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis réveillé en plein milieu du salon, toujours assis sur le sofa. Le soleil était à son zénith et sa lumière traversait les lattes de bois de mes stores poussiéreux. Tout m'était sorti de l'esprit, hormis Montréal. Je ne pouvais rien faire sans que ce mot ne me traverse l'esprit. Toute la journée, j'ai cherché à comprendre, sans jamais avoir de réponses. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le ciel s'est couvert au moment que je m'apprêtais à sortir pour m'acheter des cigarettes. Le dépanneur étant à un bon quinze minutes de marche, j'ai dû traîner avec moi un parapluie pour le retour. Curieusement, les rues de Sainte-Foy semblaient désertes, hormis deux marcheurs qui évoluaient sur le trottoir opposé au mien. &lt;br /&gt;Je suis entré au dépanneur, vide, si ce n'était du commis adolescent qui feuilletait une revue à potins, en attendant qu'un client se pointe à sa caisse. À le voir tourner les pages avec écœurement, j'ai compris que sa journée avait été morne jusqu'à mon arrivée. Je me suis placé devant sa caisse et lui ai demandé un paquet de Mark Ten vert, format king size. Pendant qu'il farfouillait à la recherche de mon achat, sous son comptoir, j'en ai profité pour regarder les journaux disposés dans l'étalage, à côté du comptoir. Mes yeux se sont posés sur une première page, je ne saurais dire de quel périodique, qui mentionnait la rivalité Québec-Montréal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Montréal. Je ne pouvais plus lâcher ce mot des yeux. Pendant un long moment, qui me parut des heures, ce mot se répétait inlassablement dans ma tête. Je me sentais comme Alice dans ses merveilles, devant le chat du Cheshire. C'est la voix du commis qui m'a sorti de ma transe. Il me regardait étrangement, sans doute parce qu'il m'a interpellé trois fois avant que je ne daigne le regarder. J'ai payé comptant, avec un billet de dix dollars, et je suis parti, sans reprendre ma monnaie. Les parois de mon crâne résonnaient encore du mot fatidique. Montréal. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pluie avait commencé à s'abattre sur Sainte-Foy, mais ça n'avait pas empêché quelques marcheurs à s'intégrer à la solitude de la ville. Sous les parapluies, certains fonçaient, d'autres s'enfuyaient pour se mettre à l'abri. Je semblais déconnecté d'avec eux, de par la lenteur de mon pas. Je fumais ma cigarette, sous la protection de mon parapluie et je les regardais aller, la tête pleine d'un morceau de rêve. J'ai regardé la rue, qui me semblait toujours autant vide de voiture, quand j'ai vu passer une limousine. En me dépassant, j'ai eu l'impression que le temps s'était figé, ou du moins, ralenti. J'ai vu, assise sur la banquette arrière, la chevelure rousse la plus enflammée qu'il m'avait été permis de voir jusqu'à ce jour. Au même moment, la tête dans la voiture se retourna vers moi, et nos yeux se croisèrent. Deux émeraudes qui brillaient à travers la pâle obscurité de l'intérieur de sa voiture. &lt;br /&gt;J'ai su, en croisant son regard, que la douce voix qui m'avait susurré à l'oreille pour me réveiller lui appartenait. Sans trop comprendre pourquoi, j'ai aussi associé Montréal et ces yeux verts, persuadé qu'il s'agissait en fait de son nom. Le temps s'est alors accéléré, pour reprendre son cours normal, et la limousine m'a dépassée, pour se perdre dans le lointain du chemin Sainte-Foy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les yeux d'émeraude de Montréal ne m'étaient pas inconnus. J'avais souvenir d'elle et moi, sur la banquette de cette limousine, à boire du champagne. J'avais rêvé de la jolie Montréal et de son carrosse. J'en étais certain. Pour la revoir, je devais me rendormir, fermer mes yeux, pour qu'elle revienne me chercher et m'amener bien loin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette nuit-là, pendant que la moitié du monde dormait, moi, j'attendais de trouver le sommeil. Les yeux vissés au plafond, j'étais incapable de me laisser aller. Toute la journée, je n'avais cessé de penser à Montréal dans sa limousine. Montréal et sa chevelure de feu. Montréal au regard d'émeraude. Montréal qui patientait, la bouteille de champagne à la main. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Incapable de dormir, j'ai saisi le paquet de cartes qui traînait sur la table de chevet. Mon geste a été trop rapide et j'ai échappé le paquet qui s'est éparpillé sur le plancher. J'ai voulu prendre une carte, la première sur le dessus, et en la regardant, j'ai ressenti une impression de déjà-vu. Dans ma main, le roi de coeur. Je l'ai déposé sur le tas de la pile étendue à côté de mon lit.&lt;br /&gt;Je me suis levé pour aller regarder par la fenêtre du salon. J'avais l'impression de jouer mes idées à coup de dés, tant la fatigue s'emparait de moi. Mais je ne pouvais dormir. Alors que j'étais dans le salon, mon regard s'est arrêté sur un disque d'Harmonium, le deuxième, pour être plus précis. Je l'ai longuement regardé, comme s'il entreprenait une conversation avec moi. Je me suis alors décidé à l'écouter. J'ai sauté les quatre premiers morceaux, pour me laisser bercer par l'histoire sans paroles, le cycle musical des cinq saisons. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est sur l'hiver, pendant que Judy Richard improvisait, que tout est devenu flou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne me suis pas retrouvé dans la limousine de Montréal. J'étais plutôt dans une grande discothèque, aux côtés d'un bar. Les éclairages verts, jaunes, rouges et bleus se mêlaient dans une masse informe de lumière dans laquelle la foule dansait, chacune des personnes se laissant bercer par le rythme de la musique sans prendre conscience des autres. Et dans cette fusion de lumière et de vie, l'éclat enflammé de la chevelure de Montréal, dont le regard intense me traversait. Elle s'est avancée vers moi et m'a chuchoté à l'oreille : « Viens danser. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a retrouvé l'ambiance de notre nuit magique en se regardant dans les yeux. Puis, elle m'a fait signe d'attendre, et s'est éclipsée. Quand je me suis retrouvé seul sur la piste de danse, j'ai réalisé que la foule s'était envolée, en même temps que la musique, sans que je m'en rende compte. Les murs s'étaient également éloignés, transformant la discothèque en une énorme salle aux proportions infinies. J'ai regardé autour de moi, pour retrouver Montréal. Il n'y avait plus que les lumières qui se mêlaient les unes aux autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour un instant, j'ai oublié qui j'étais. Peut-être au même moment que la lumière s'est éteinte. Je n'avais qu'une chose en tête. Montréal. Ses yeux verts. Sa chevelure rousse. C'est alors que j'ai vu deux phares dans la nuit. Je n'étais plus dans la discothèque, mais sur la route. Je ne voyais plus que la ligne jaune et ces deux lumières, d'un vert étincelant. La voiture s'est arrêtée devant moi et je me suis dirigé vers l'arrière, poussé par une envie grandissante. J'ai ouvert la portière pour retrouver Montréal, dont l'émeraude de ses yeux avait envahi ses pupilles et son globe oculaire. Elle irradiait dans la nuit et je n'en étais que plus subjugué encore. Alors que je pénétrais dans la voiture, elle m'a dit : «Ça fait du bien de se voir.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'était un rêve particulier, où j'avais la drôle d'impression de vivre deux cents nuits à l'heure, à travers la ville. Dans une limousine, j'étais là, avec elle, à boire du champagne, à travers les lumières défilantes des artères routières de Québec. Le temps filait, comme la corde d'argent sur laquelle mes pensées se couchaient et se laissaient aller, flottant derrière moi comme un cerf-volant. On se laissait bercer par l'ivresse du moment et des bulles. Notre carrosse filait sur le chemin parsemé d'étoiles, comme s'il cherchait à se perdre au fil des années. Nous étions silencieux, les seuls bruits nous parvenant étaient ceux des roues sur l'asphalte neuve. Un doux bourdonnement qui nous berçait dans notre folie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis, elle a commencé à me parler. J'ai fermé les yeux pour l'écouter. Ça ressemblait à une drôle de chanson, sans en être une. Elle m'a versé un autre verre, a cogné doucement sa coupe contre la mienne et a dit, très clairement : « Bienvenue aux coeurs fous, au coeur de tout... »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai ouvert mes yeux, pour les plonger dans les siens. Le temps s'est suspendu et la noirceur a envahi l'espace autour de nous. J'entendais toujours le chuintement des roues sur la route, mais à cela s'était rajouté un murmure. Son murmure, cette étrange chanson qu'elle m'avait chantée. Pendant que l'obscurité nous entourait, j'ai parlé, pour la première fois de ce rêve. Ma voix n'était plus la mienne, mais sortait du plus profond de moi. Au milieu de mon corps s'était ouvert un corridor par lequel passait ce courant vocal. Je me suis entendu dire : « Le Roi de Coeur nous attend. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle m'a souri. Le regard qui brillait de plus en plus. Je me suis perdu dans ses yeux, à en oublier tout le reste. Obnubilé par elle, je lui ai demandé son nom. Je voulais l'entendre me le dire, me le chuchoter à l'oreille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis réveillé dans un sursaut, sous la douce lueur de l'aube qui pointait à travers la fenêtre de ma chambre. Je ne reconnaissais pas les murs de mon appartement, la disposition des meubles, les couleurs environnantes. Le souffle court, je cherchais des morceaux du rêve qui m'avait mis dans un tel état, mais en vain. La seule chose qui me restait en tête, c'était cette douce voix qui me susurrait à l'oreille : «Montréal.» Sans plus.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-1551095854715458271?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/1551095854715458271/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2010/02/deux-cents-nuits-lheure.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/1551095854715458271'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/1551095854715458271'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2010/02/deux-cents-nuits-lheure.html' title='À deux cents nuits à l&apos;heure'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-987162607848597401</id><published>2010-02-08T19:47:00.001-08:00</published><updated>2010-02-08T19:47:49.149-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Essai littéraire'/><title type='text'>Nelly</title><content type='html'>   &lt;meta name="Title" content=""&gt; &lt;meta name="Keywords" content=""&gt; &lt;meta equiv="Content-Type" content="text/html; charset=utf-8"&gt; &lt;meta name="ProgId" content="Word.Document"&gt; &lt;meta name="Generator" content="Microsoft Word 2008"&gt; &lt;meta name="Originator" content="Microsoft Word 2008"&gt; &lt;link rel="File-List" href="file://localhost/Users/mathieugrenier/Library/Caches/TemporaryItems/msoclip/0clip_filelist.xml"&gt; &lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt;  &lt;o:documentproperties&gt;   &lt;o:template&gt;Normal.dotm&lt;/o:Template&gt;   &lt;o:revision&gt;0&lt;/o:Revision&gt;   &lt;o:totaltime&gt;0&lt;/o:TotalTime&gt;   &lt;o:pages&gt;1&lt;/o:Pages&gt;   &lt;o:words&gt;466&lt;/o:Words&gt;   &lt;o:characters&gt;2659&lt;/o:Characters&gt;   &lt;o:company&gt;Université Laval&lt;/o:Company&gt;   &lt;o:lines&gt;22&lt;/o:Lines&gt;   &lt;o:paragraphs&gt;5&lt;/o:Paragraphs&gt;   &lt;o:characterswithspaces&gt;3265&lt;/o:CharactersWithSpaces&gt;   &lt;o:version&gt;12.0&lt;/o:Version&gt;  &lt;/o:DocumentProperties&gt; 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Deux jours ont passé et je ne sais toujours pas quoi penser de l'auteure en particulier. Des phrases si longues, soutenues, chargées par une émotion vive : celle de la propre déchéance d'un personnage beaucoup trop proche de l'auteure.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;C'est ça, l'auto-fiction. Où s'arrête le vrai, où commence le faux? Une mince ligne dont personne n'a aucune idée de l'emplacement exact dans le schéma narratif de l'auteure. Je ne suis pas mal à l'aise face à l'auto-fiction. La preuve, j'ai lu, adoré, encensé Marie-Sissi Labrèche, qui a produite une trilogie particulièrement forte et qui était très calquée sur sa vie. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Non, j'ai du mal avec Nelly, la personne, la femme fragile derrière le texte, les faux seins, les chirurgies, les décolorations de cheveux. Car derrière Nelly, il y avait Isabelle. Et dans Folle, on le sent, même si elle ne dit jamais son vrai nom. Parce que Folle, c'est le récit d'une femme, une longue lettre à un ancien amour, qui se résulte par l'annonce de sa pendaison, le jour de ses trente ans. Une pendaison planifiée depuis le jour de ses quinze ans, maintes et maintes fois rabâchée tout au long du livre, qui nous est détaillée. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Et le malaise dans tout ça? Nelly Arcan s'est pendue à Montréal en 2009. Le jour de sa mort, je me suis juré que j'attendrais avant d'acheter ses livres, pour ne pas tomber dans la perversion offerte. Car l'auto-fiction, c'est de la perversion, pure et dure. Exhibitionnisme pour l'auteur, voyeurisme pour le lecteur. Voir l'autre s'écrouler, c'est ça, le succès, aujourd'hui.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Mais entendre Nelly Arcan répéter&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;tous les chapitres que l'heure de sa mort approche, que le clou qu'elle a planté sur le mur de sa chambre n'attend plus qu'elle, dans le contexte, ça reste perturbant, éprouvant, voire même impossible à lire. Je l'ai lu, en me disant que j'étais sans doute dans le pire des cauchemars. Au nom de la littérature, Nelly se vidait dans ses livres. Mais elle se vidait elle-même, pour contenter la soif aveugle du lecteur contemporain qui se complaît dans la douleur de l'autre. L'autre, qui était Nelly Arcan. L'autre, qui était humaine, complexée, détruite, vidée, charcutée, siliconée... Pour le regard des autres.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Et l'artiste est passée à Tout le monde en parle. De quoi a-t-il été question? De ce physique. De cette enveloppe charnelle qui lui collait au cul, pas parce qu'elle le voulait bien. Parce qu'elle se sentait obligée. Et en a-t-elle été heureuse? Pas selon Folle. Pas selon ce qu'on a trouvé dans son appartement, en 2009.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Alors, Nelly Arcan, putain de folle, comme certains peuvent dire, a peut-être été considérée comme une blondasse dans le milieu littéraire. Elle a peut-être fait le coup publicitaire du siècle, en se suicidant après son roman considéré comme un hymne à la vie. Mais quoiqu'il en soit, cette pauvre âme torturée avait annoncé son funeste destin, sans que personne ne s'arrête à ces idées sombres qui traversait son oeuvre, comme un fil d'or.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Je ne sais plus quoi penser de l'auto-fiction, en ce froid février de 2010, mais une chose est sûre, Nelly Arcan n'en faisait pas partie. Lorsque la fiction dépasse à un certain point la réalité, c'est du domaine de la métafiction. &lt;/p&gt;  &lt;!--EndFragment--&gt; &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-987162607848597401?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/987162607848597401/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2010/02/nelly.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/987162607848597401'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/987162607848597401'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2010/02/nelly.html' title='Nelly'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-357750577830922143</id><published>2009-11-25T20:14:00.000-08:00</published><updated>2009-11-25T20:15:42.599-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fiction'/><title type='text'>Récit pour adolescent</title><content type='html'>Je suis terrifiée de m'avancer sur la scène. Dans quelques instants, le numéro qui me précède va se terminer et ça va être mon tour. Moi, une simple jeune fille de 15 ans, abandonnée à une foule vorace de 614 personnes, environ. Moi, qui rougit de honte quand le professeur me pose une question devant vingt-cinq autres élèves. Moi, qui déteste parler en public. Et bien cette même moi s'est inscrite à Secondaire en spectacle, a réussi les auditions et doit maintenant performer devant un public immense. En tout cas, bien plus immense que dans le pire de mes cauchemars. Sauf que dans mes cauchemars, je suis toute nue. J'ai pas pris de chance. Ce soir, le col roulé et le pantalon ont pris le dessus sur la camisole et la jupe. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les lumières s'éteignent. Le public applaudit, siffle, crie. J'ai même pas remarqué c'était quoi. Une chose est sûre, ce n'était pas Simon. Non, lui, il passe deux numéros après moi. Et pas de danger qu'il soit mort de trouille, ça fait 5 ans qu'il le fait, Secondaire en spectacles, et à chaque année, il gagne tout ce qu'il peut gagner et finit aux finales nationales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maudit Simon. Si c'était pas de lui, jamais je m'aurais inscrite. Mais non. Je perds la tête, quand il s'agit des gars. Et après, je me rends compte que c'est des cons. Mais juste après.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Et maintenant... »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça y est. Dans une seconde, l'annonceur va me présenter, sa voix va être multipliée par dix dans les hauts-parleurs et toute la foule aura, jusqu'à ce que je commence à chanter, mon nom qui leur résonnera dans les oreilles. Mérédith Leblanc-Webber. C'est tout sauf mélodieux. Un nom de famille composé, avec un W dedans. Webber. On croirait entendre une grenouille. Et Simon, lui, qui doit attendre dans la loge des participants, va faire son snob et écoutera à peu près pas ce que je vais faire. Il ne me félicitera pas après. Et s'il me parle, ça va être pour me faire des commentaires négatifs sur à peu près tout ce qui est possible d'être négatif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«... dans la catégorie interprétation... »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est beaucoup trop long. Cessez de me présenter aussi longuement et jetez-moi sur scène. Au moins, si j'ai à me casser la figure, je le ferai avec classe, en trébuchant sur un fil de micro et en me cassant la gueule sur le banc de piano. Pas en faisant une fausse note ou en perdant la voix. Ou pire, en vomissant sur scène.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«... avec une chanson d'Isabelle Boulay...»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À quoi j'ai pensé? Isabelle Boulay. J'aurais jamais dû écouter ma mère. Elle a vraiment des goûts musicaux épouvantables. Je la revois me chanter l'air du refrain « Je suis un saaaaule inconsolableuh, le plus désemparééé des aaarbres. Ben voyons! Mémé, tu connais sûrement ça! Ça passe toujours à la radio, quand je vais te porter à tes cours de piano. Ou très souvent. Tu la chanterais tellement bien, je suis sûre qu'ils te prendront si tu leur fais.» Et Maman a eu raison. Ils m'ont pris. Mais c'est sûr que c'était pour se marrer un bon coup pendant le spectacle. Ou pire, pour faire paraître Simon beaucoup mieux que moi. Il est pas trop tard, je peux m'en aller.&lt;br /&gt;Après tout, ils n'ont pas encore dit...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« ...voici Mérédith Leblanc-Webber!»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ben oui. Ils ont dit mon nom. Il est trop tard pour reculer. Je marche vers le piano qui est au centre de la scène. Bon Dieu qu'elle est grande. J'avais jamais remarqué avant aujourd'hui. Bon. Pas de chance, les fils de micro sont bien en dehors de ma portée, je peux pas m'esquiver en feignant une commotion cérébrale. Le rideau s'ouvre. Lentement. Et les gros spot lights m'éblouissent complètement. Je suis aveugle. Ça y est. C'est là que je vais me casser la gueule. Je vais trébucher sur le banc de piano et ça va être ma honte la plus totale, celle que j'imagine depuis les 3 dernières semaines, voire les 3 derniers mois. Bon, d'accord. Je ne suis pas totalement aveugle. Je vois encore le banc de piano, juste assez pour que je puisse m'y installer sans faire tout un fracas. J'installe mes mains sur le piano. Mon Dieu. Je tremble comme c'est pas possible. Et je crois bien avoir oublié ce que je dois jouer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;--&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le fond, quand j'y pense, toute cette histoire n'aurait pas eu lieu si Simon Laverdière n'avait pas été aussi beau, aussi drôle et aussi proche de mon casier.  Parce que je ne l'aurais peut-être jamais remarqué. Et que je n'aurais sans doute pas été portée à m'inscrire à Secondaire en spectacle pour avoir une chance de le connaître. Parce qu'il était impossible pour moi de le connaître sans passer par le concours de talents. Mais je vais commencer par le début, vous comprendrez sans doute un peu mieux.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-357750577830922143?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/357750577830922143/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/11/recit-pour-adolescent.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/357750577830922143'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/357750577830922143'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/11/recit-pour-adolescent.html' title='Récit pour adolescent'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-4978120880279024523</id><published>2009-10-08T12:52:00.000-07:00</published><updated>2009-10-08T12:53:11.707-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fiction'/><title type='text'>Premier jet Texte pour enfant</title><content type='html'>Mon amie Jojo dit que les monstres sous le lit, ça n'existe pas. Elle dit la même chose pour les monstres du placard. Moi non plus je n'y crois pas. Quand je suis avec elle. Parce que je ne veux pas qu'elle me traite de peureuse. Parce qu'à dix ans, avoir peur des monstres, c'est bébé. Et je ne suis pas un bébé! Et puis, de toute façon, c'est vrai que ça n'existe pas les monstres!&lt;br /&gt;Mais c'est facile à dire, quand c'est la journée. Là, il fait noir, et je suis toute seule dans ma chambre. Ma chambre, qui est devenue mille fois plus grande, comme pour se préparer à recevoir quelque chose de gros. De très gros! En plus, c'est super silencieux dans la maison. Maman et Papa sont couchés. Même Mistigri, mon gros matou blanc, a arrêté de courir partout dans la maison. Mais... qu'est-ce que j'entends? On dirait un gros sifflement! Sans doute un monstre qui se prépare à arriver! Vite, je me cache sous mes couvertures. Il ne pourra pas me trouver, si je suis bien cachée! Ça marche toujours et je réussis toujours à m'endormir. Je n'entends plus le sifflement. Alors, soit le monstre est parti, soit il est rendu dans ma chambre. Il me cherche sans doute. Je retiens ma respiration. Pas de bruit dans la chambre, ça veut dire qu'il n'est pas là. Sûrement. Je ferme un peu les yeux. Et je commence à m'endormir tout doucement. Mais je sens quelque chose qui marche sur mon lit! Qui me marche dessus!&lt;br /&gt;==&lt;br /&gt;Jojo ne saurait sûrement pas quoi faire, si un monstre était en train de lui marcher dessus! Elle y croirait peut-être un peu plus, aux monstres. Mais là, c'est pas à Jojo que ça arrive, c'est à moi! Il y a deux secondes, j'avais les yeux pesants et là, je suis sûr qu'ils sont aussi ronds que deux grosses pommes vertes. Il ne faut pas que je bouge. Le monstre pourrait me repérer. Et me manger. Ou pire encore, m'amener avec lui dans son royaume.&lt;br /&gt;C'est curieux, le monstre a commencé à faire un drôle de bruit. Comme s'il ronronnait. Je me relève pour me retrouver assise dans mon lit et je vois Mistigri en train de se préparer à se coucher. Je lui chuchote : « Mon gros Mistigri d'amour! Tu m'as fait vraiment peur! »&lt;br /&gt;Jojo aurait bien raison de me traiter de peureuse. Penser que Mistigri, mon Mistigri, peut être un méchant monstre. Je dois être la plus peureuse des peureuses... la poule mouillée des plus poules mouillées au monde! Je dois me convaincre à haute voix. « Ça n'existe pas des monstres! Hein mon gros Mistigri?»&lt;br /&gt;Mistigri me regarde avec ses gros yeux de vieux chat. Il ouvre sa petite gueule... et me répond : « Ce n'est pas parce que les monstres ne sont pas là, qu'ils n'existent pas, Jade. »&lt;br /&gt;==&lt;br /&gt;Voyons, c'est impossible! Un chat, ça ne parle pas. Ça miaule, un minou, non? Je dois avoir les yeux aussi gros que deux tomates, en ce moment.  Mon Mistigri me regarde encore, comme si c'était normal qu'il me parle. Et le voilà qui recommence : « Excuse-moi, Jade, j'aurais dû faire les présentations avant. Je suis Mistigri, ton bon chat, protecteur de ton sommeil. »&lt;br /&gt;- Protecteur de mon sommeil? que je lui demande, encore un peu étonnée.&lt;br /&gt;Il me fait oui de la tête. Mon chat me répond en faisant un oui de la tête! Il continue de me fixer et recommence à me parler : « Chaque enfant s'est vu attribuer un gardien à sa naissance, pour le protéger des mauvaises créatures. Ce gardien peut prendre plusieurs formes. Moi, j'ai choisi...&lt;br /&gt;- Un chat? Ça veut dire que toi, mon Mistigri, tu me protèges des monstres?&lt;br /&gt;Mistigri me refait signe que oui. Et il commence à m'expliquer que les monstres ne sont pas vraiment des monstres. Plutôt comme des mauvais anges qui s'amusent à faire peur aux enfants pendant que leur gardien a le dos tourné. Je lui demande : « Mais qu'est-ce qui va m'arriver, si jamais tu as un accident?&lt;br /&gt;- Les gardiens ne sont plus requis auprès des enfants dès leur 11e année. Certains sont enfermés dans un corps jusqu'à la fin de celui-ci. D'autres sont justes là sous formes d'anges, et disparaissent à la fin du mandat. »&lt;br /&gt;Ouf! Je suis soulagée. Je ne voudrais pour rien au monde perdre Mistigri. Il a toujours été là, alors c'est un peu comme un frère. Avec du poil et des moustaches. Et qui miaule au lieu de parler, jusqu'à maintenant.&lt;br /&gt;Avec ses grands yeux, Mistigri regarde mon cadran, sur le bureau à côté de mon lit. Ses yeux se plissent et on dirait qu'un sourire se dessine sur son visage de chat. Il tourne ses yeux vers moi et me dit : « L'heure des monstres est passée. Je dois partir pour le palais aux milles lunes faire mon rapport. »&lt;br /&gt;==&lt;br /&gt;« Ferme tes yeux. Je t'emmène faire un voyage secret! » me dit mon gros chat blanc. Les yeux fermés, je le prends dans mes bras. Puis, sans quitter mon lit, je sens le paysage changer autour de moi. Un gros courant d'air semble nous transporter loin de ma petite maison. Mistigri m'ordonne de ne pas ouvrir les yeux tant qu’on n’est pas arrivés. Je l'écoute. Je ferme mes yeux le plus fort possible. Mais j'entends comme des bruits de clochettes à côté de mon lit. Et j'entends respirer, comme si une merveilleuse créature nous suivait. Malgré mes yeux fermés, je peux sentir ses couleurs. Mais c'est nono, des couleurs ça sent rien! Mais un chat, ça ne parle pas et ça nous fait pas voyager jusqu'à un palais aux milles lunes, non?  Je suis trop curieuse. Mistigri ne veut pas que j'ouvre mes yeux, mais c'est plus fort que moi. Alors, je les ouvre.&lt;br /&gt;==&lt;br /&gt;Je suis toujours dans ma chambre. Sauf que le soleil entre par la fenêtre. Je suis toute engourdie et je me rends bien compte que j'ai fait tout un rêve.&lt;br /&gt;Pendant que je déjeune, je me garde bien de parler à mes parents de mes aventures de la nuit dernière. Même si c'était juste un rêve. Mistigri est à mes pieds et miaule. Il n'a sûrement plus de moulée, le pauvre. Je vais lui en mettre et je cours me préparer pour l'école.&lt;br /&gt;Je suis sur le pas de la porte, à attendre Jojo pour aller à l'école, comme à tous les matins de la semaine. Je la vois arriver sur la rue. Je me retourne vers mes parents pour les saluer et la première chose que je vois, c'est mon gros Mistigri qui est assis en plein centre de la cuisine tout en me regardant. Et je suis prête à parier qu'il m'a fait un gros clin d'oeil avant de se lever pour aller manger.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-4978120880279024523?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/4978120880279024523/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/10/premier-jet-texte-pour-enfant.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/4978120880279024523'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/4978120880279024523'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/10/premier-jet-texte-pour-enfant.html' title='Premier jet Texte pour enfant'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-6132632236542066281</id><published>2009-09-30T23:19:00.000-07:00</published><updated>2009-09-30T23:20:19.772-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>En me cassant en deux, tu m'as libéré d'un lourd fardeau. J'ai la curieuse impression de respirer.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-6132632236542066281?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/6132632236542066281/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/09/en-me-cassant-en-deux-tu-mas-libere-dun.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/6132632236542066281'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/6132632236542066281'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/09/en-me-cassant-en-deux-tu-mas-libere-dun.html' title=''/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-5047068970374104248</id><published>2009-09-30T21:49:00.000-07:00</published><updated>2009-09-30T21:54:26.061-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Introspection'/><title type='text'></title><content type='html'>Je suis en train d'écrire. Histoire pour enfants. Une histoire de monstres de dessous de lit et de chat qui parle. Faire comme si.&lt;br /&gt;Ça  marche bien. C'est intéressant. Mais je suis encore dans cet état zombie. Cet état qui m'amène à devenir auto-réflexif.&lt;br /&gt;Je déteste les réflexions. Sur moi.&lt;br /&gt;Et pendant que j'écoute Pink Floyd, je valse loin. Derrière mes yeux. Et je suis plus trop certain. De ce que je dois penser.&lt;br /&gt;Si la littérature réflexive ne me fait pas, je devrais songer à devenir auto-réflexif. Récits métaleptiques regorgeant d'intertextualité.&lt;br /&gt;Je suis intertextuel. De moi-même. En ce moment même, je me cite.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-5047068970374104248?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/5047068970374104248/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/09/je-suis-en-train-decrire.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/5047068970374104248'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/5047068970374104248'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/09/je-suis-en-train-decrire.html' title=''/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-761578265294563719</id><published>2009-09-22T02:28:00.001-07:00</published><updated>2009-09-22T02:31:22.507-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Introspection'/><title type='text'></title><content type='html'>J'ai une boule de feu dans l'estomac. Normalement, cette boule, je la noie. Mais aujourd'hui. Rien n'y fait. Comme si la boule de feu était un incendie généralisé à l'intérieur de mon être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand on libère ces types de boules, on sait jamais quelles conséquences on aura à affronter. Je l'ai fait une fois. Dévastateur. Et me revoilà, face à un problème supérieur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;P.S. : Ne désespérez pas, la fiction ne devrait pas tarder à se repointer.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-761578265294563719?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/761578265294563719/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/09/jai-une-boule-de-feu-dans-lestomac.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/761578265294563719'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/761578265294563719'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/09/jai-une-boule-de-feu-dans-lestomac.html' title=''/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-6000258146095834405</id><published>2009-08-24T21:38:00.000-07:00</published><updated>2009-08-24T22:07:15.896-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Introspection'/><title type='text'>Souvenirs</title><content type='html'>Ouvre-moi les yeux. Une fois pour toutes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand je regarde quelque fois dans ma mémoire, le paysage de mes souvenirs, j'y vois un ciel bleu et des nuages touffus. Avec un arbre qui bruisse sous le vent. Un érable. Et du gazon. Vert. Tellement vert qu'on a l'impression de s'y perdre si on le regarde trop longtemps. Et une galerie à la peinture écaillée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais pas de toi. Pas une parcelle. Parce que ce paysage, c'est mon berceau. Mon pays d'origine. Mon antre. Un refuge intouchable. Dont personne n'a accès. Où je pouvais regarder le temps filer comme une feuille morte sous le vent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ce décor, avec les années, s'est effrité. Peu à peu. De plus en plus. La peinture écaillée est disparue. Le ciel bleu ne m'émerveillait plus. Et la quiétude est disparue. Remplacée par un stress immense. Je n'appartenais plus à cet endroit. Je n'y avais plus droit. Et pendant que je réalisais cette tristesse, en même temps qu'un merle prenait son envol, j'ai pensé à toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toi qui m'a fait réaliser que cet endroit ne serait plus jamais le même. Oh, sans le vouloir. Personne ne serait assez méchant pour départir un homme de sa terre natale. Mais tu l'as fait. Cruellement. Sans pitié. Juste avant de me fendre le coeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bah, c'était pas ta faute non plus. Comment pourrais-je être autre chose que moi-même? Comment pourrais-je être autant bourré de vices, de haine, de colère, de noirceur et me faire aimer? Comment pourrais-je être lui?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et comment aurais-je pu me ressourcer, si mes origines ne m'étaient plus d'accès? Si ce ciel bleu, cet arbre et cette galerie ne m'étaient plus destinés?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors j'ai ouvert les valves. Des larmes de bières au goût de nicotine. Et des relents de colère. De jalousie. De mépris. Sur du Dido, du Harmonium et même du Phil Collins. Je n'ai pas su retrouver le ciel bleu. Ni même le vert du gazon. Mais au moins, j'avais autre chose en tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'infinie solitude commençait à faire son oeuvre. Sournoisement. Mais sûrement. Chaque moment me semblait de plus en plus long. Surtout quand je pensais à toi. Tic. Tic. Tic. Le tac ne venait pas. Et j'avais oublié l'azur, le vert, l'écaillé de la contrée qui m'a vu naître.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce soir, j'ai pensé à ces couleurs. J'ai revu les nuages touffus, dans ma tête. Comme une photo. Et je me suis rendu compte que j'avais perdu quelque chose. À travers ces années. Mais que peu importe ce qu'il allait arriver, que peu importe combien de temps allait passer, que peu importe combien de couches de peinture la galerie allait éprouver, j'aurai toujours le souvenir de ce moment passé à voir l'herbe verte tanguer sous le vent, à entendre l'arbre chanter de ses feuilles et à admirer les nuages qui se partageaient l'éclat du bleu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, si jamais l'envie te prend.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ouvre-moi les yeux. Une fois pour toutes.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-6000258146095834405?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/6000258146095834405/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/08/souvenirs.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/6000258146095834405'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/6000258146095834405'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/08/souvenirs.html' title='Souvenirs'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-505875291441223477</id><published>2009-08-17T23:38:00.000-07:00</published><updated>2009-08-17T23:42:15.354-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Poésie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Introspection'/><title type='text'></title><content type='html'>J'ai perdu pied. Au fond du puits. Fiction.&lt;br /&gt;Je finirai bien par devenir. Réalité.&lt;br /&gt;Mais pour le moment.&lt;br /&gt;J'attends.&lt;br /&gt;Les joues humides.&lt;br /&gt;Le coeur qui débloque.&lt;br /&gt;La corde ne veut pas décrocher. Et je ne peux me hisser. Les mains brûlées.&lt;br /&gt;Je perds mon temps.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-505875291441223477?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/505875291441223477/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/08/jai-perdu-pied.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/505875291441223477'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/505875291441223477'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/08/jai-perdu-pied.html' title=''/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-8744075007110191465</id><published>2009-08-16T06:38:00.000-07:00</published><updated>2009-08-16T06:40:42.975-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Poésie'/><title type='text'>Étanche</title><content type='html'>J'ai écrit ton nom dans le sable. Chaud. Doré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La marée basse s'écumait au loin. Des bruits de vague distants. Des étoiles de mer en contre-bas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai écrit ton nom dans le sable. Marée haute. Il s'est effacé.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-8744075007110191465?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/8744075007110191465/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/08/etanche.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/8744075007110191465'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/8744075007110191465'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/08/etanche.html' title='Étanche'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-7163886708239608128</id><published>2009-08-13T00:52:00.000-07:00</published><updated>2009-08-13T01:08:21.166-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Essai littéraire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Introspection'/><title type='text'></title><content type='html'>Je me défonce ce soir. Quatrième Molson de débouchée, je me demande quand est-ce que je vais finalement voir le fond du baril. Je déteste les au revoir, spécialement quand ils sont plats.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aurais pu essayer d'écrire de la fiction. Ou voire de la poésie. Mais mon esprit est trop embrouillé pour autant d'exercices. Je préfère sombrer avec - en ce moment - du vieux Alanis Morissette. Mais pas Jagged Little Pills. Plus vieux encore. Peu importe la musique, elle ne fait que m'accompagner. Dans ma solitude. Ou dans mes déboires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ais-je peur de rater ma vie? Au point de la voir déjà finie? Je crois que oui. Comme si j'étais né pour être ordinaire. Né pour passer inaperçu. Ou pour être deuxième. Tant de rêves qui me semblent flous, inacessibles. Tant de rêves qui se résument à une chose. Être quelqu'un. Qui se démarque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais non. Je ne me démarque pas assez. Je suis terne. Monochrome. La plupart des textex que j'ai écrit me semblent fades en ce moment. Sauf ce cycle fantômatique qui m'habite. Comme si les morts, les âmes errantes voulaient que je parle d'elles. Mais sinon, je me trouve trop auto-fictif. Comme si j'avais besoin de ce mal de vivre, de ce mal d'aimer pour écrire quelque chose qui finalement, n'en valait peut-être pas la peine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un premier jet en vaut-il la peine? Si ingénieux soit-il?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De toute façon, je sombre déjà. Les bulles d'alcool me pétillent dans les yeux. Mon esprit ne peut se fixer. Et je suis seul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alcool et solitude. Donc, peut-on en conclure une forme d'alcoolisme? Fuir. C'est donc ça la raison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Introspection. Tic et tac et tic et tac.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le temps passe et je ne suis toujours pas plus avancé. À quoi l'écriture m'amène-t-elle? Méandres sans fonds et réflexions toujours de plus en plus glauques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et ça me ramène à cette question : C'est quoi le bonheur? Je vous entends déjà : C'est le trajet et non la destination. Peu m'importe aujourd'hui. Et si le bonheur n'était qu'une idée? Paf, comme ça. qui vous frappait sans que vous vous en rendez compte?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quoiqu'il en soit. Je déteste les au revoir. Surtout quand ils me rapellent l'échec. Je retourne à la fiction dès demain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'essai personnel me tue. Me détruit encore plus.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-7163886708239608128?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/7163886708239608128/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/08/je-me-defonce-ce-soir.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/7163886708239608128'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/7163886708239608128'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/08/je-me-defonce-ce-soir.html' title=''/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-2260629341853703950</id><published>2009-08-10T15:57:00.000-07:00</published><updated>2009-08-10T16:03:34.149-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Essai littéraire'/><title type='text'></title><content type='html'>Ouvrir tout un univers en quelques lignes. Travail du romancier/poète/essayiste/nouvelliste. Un univers fictif/réel. Dépendamment du créateur. S'empêcher de s'empêcher. Ni plus, ni moins. La tabou ne doit pas exister. Le sujet intouchable doit être touché. Maintes et maintes fois. Clic clic clic sur le foutu clavier. Sans s'arrêter sur des questions d'ordre éthique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un monde idéal. Bien entendu. Parce que tout le monde a des sujets intouchables. Et au lieu de toucher, on effleure du regard, sans clic clic très approfondi.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-2260629341853703950?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/2260629341853703950/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/08/ouvrir-tout-un-univers-en-quelques.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/2260629341853703950'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/2260629341853703950'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/08/ouvrir-tout-un-univers-en-quelques.html' title=''/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-7701267756456875072</id><published>2009-08-09T18:26:00.001-07:00</published><updated>2009-08-09T18:32:33.874-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Essai littéraire'/><title type='text'></title><content type='html'>Est-ce que je peux aller trop loin? Écrire en donnant trop de moi? Et de toi, par le fait même?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Révolu, le temps de la plume où écrire de son sang prenait toute son ampleur. Maintenant, c'est du bout des doigts, sur un clavier en alu. Plus de magie, hein. N'empêche pas moins que ça peut devenir très intestinal. Indigeste. Violent. Cru. Ou tout simplement morne. Ou ennuyant. Dépend du point de vue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et quand je tombe dans la fiction, j'oublie tout. J'oublie qui je suis, que je t'aime et que je flanche. J'oublie que j'ai mal, mais pas trop. Chaque personnage dans lequel je me vide est un réceptacle confus que je réussis à distancer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est quand je laisse tomber sur l'écran des images ''poétiques'' que je me retrouve, bien malgré moi. Et quand je me lance, plus rien ne peut m'arrêter. Des mots, des mots et encore des mots. Une pluie de mots. Une pluie torrentielle de langage. Et je me fais assommer par les mêmes thématiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis un con qui écrit. Un imbécile qui crée. Un idiot qui ne marque pas encore son temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et un poisson. Bloup bloup.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-7701267756456875072?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/7701267756456875072/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/08/est-ce-que-je-peux-aller-trop-loin.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/7701267756456875072'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/7701267756456875072'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/08/est-ce-que-je-peux-aller-trop-loin.html' title=''/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-2486629180861556844</id><published>2009-08-09T17:52:00.000-07:00</published><updated>2009-08-09T18:04:45.152-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Poésie'/><title type='text'>Images de toit et de mois. D'avril à ici, là.</title><content type='html'>Est-ce que t'as ouvert une porte vers ailleurs? Pour comprendre finalement toutes ces idées qui te traversaient l'esprit? Ou tu t'es seulement recroquevillé en position foetale dans l'impossibilité?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quoiqu'il en soit, j'ai ouvert un autre livre qui me disait que je ne suis plus grand chose. Et un autre qui me disait que j'ai peut-être trop attendu. Le bulletin de nouvelles me demandait de partir. Et le journal m'accusait de tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;As-tu trouvé quelque chose, dans le fond des prairies martiennes? Ou tu te noies dans un trou noir? De toute façon, sous l'arche, il ne pleut que très rarement. Seulement quand la pluie est oblique. Poussée par le vent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et moi, j'ai écouté Alanis, Alfa, Celine ou Céline, Britney, Avril et tout plein d'autres qui ne me disaient absolument rien de toi. Et pourtant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai pas fait exprès d'échapper la tasse. Elle s'est cassée sur la céramique. Un grand bruit. Une fissure. Du café partout. Un beau gâchis. Comme toujours. Et j'ai laissé le tout sécher. Sans rien ramasser. En espérant marcher dessus. Et me rappeler pourquoi je suis si maladroit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si jamais tu me vois passer. Fais de l'auto-stop. Et en t'asseyant, fais attention à la tasse cassée. Ça pourrait me faire plus mal.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-2486629180861556844?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/2486629180861556844/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/08/images-de-toit-et-de-mois-davril-ici-la.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/2486629180861556844'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/2486629180861556844'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/08/images-de-toit-et-de-mois-davril-ici-la.html' title='Images de toit et de mois. D&apos;avril à ici, là.'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-4386232630237477219</id><published>2009-08-09T15:20:00.000-07:00</published><updated>2009-08-09T15:21:49.492-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nouvelle littéraire'/><title type='text'>Errance</title><content type='html'>Ça fait trois mois que je suis mort. Environ. C'était un soir d'août. Et aujourd'hui, c'est la première neige. Donc, environ trois mois. Peut-être quatre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça s'est passé tellement vite. J'ai pas trop compris ce qu'il était en train de m'arriver. J'étais assis dans ma voiture, bien posté aux feux de circulation, à attendre que la lumière passe du rouge au vert. Puis un camion a dérapé et m'a embouti. Et j'étais mort. Enfin, je crois. J'ai pas vu le film de ma vie, comme on a souvent dit. J'ai pas vu la lumière au bout du tunnel. Personne n'est venu me chercher. Non. J'étais debout, à côté de ma voiture, enfin, de ce qu'il en restait. Et sous la tôle tordue, je savais que je reposais là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis assis dans l'herbe humide. Et j'ai attendu. Qu'on vienne me chercher. Pour aller je ne sais trop où. Mais, bien évidemment, personne n'est venu. J'ai dû voir une dizaine de couchers de soleil et autant de levers, assis là. Puis, la température est devenue rapidement insupportable.&lt;br /&gt;Même pour un mort. Alors je suis retourné chez nous. Dans l'ambiance mortuaire. Ma femme qui pleurait sans arrêt. Ma fille qui affichait un air d'enterrement. C'est le cas de le dire.&lt;br /&gt;Quelquefois, je crois qu'elles me voyaient. Elles regardaient au loin, dans ma direction. Et tout à coup, un petit éclair dans leurs yeux. Et quelques larmes. Parfois, j'allais m'asseoir avec elles, à la table de la cuisine. Comme autrefois. Excepté que je ne pouvais pas leur parler. Leur prendre la main, quand ça n'allait pas. Ou tout simplement les serrer dans mes bras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, après un moment, je suis parti. J'ai décidé de marcher jusqu'à ce que je trouve quelqu'un comme moi. Quelqu'un qui avait raté la grande projection de son film. Et qui marchait dans le froid des nuits. Sans jamais trouver. Tout en sentant des milliers de présences autour de moi. Des fantômes parmi les fantômes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis trouvé un banc de parc. Où je pouvais m'engourdir jusqu'à ce que je voie passer quelqu'un qui puisse me voir. Alors je m'y suis installé. Et c'est sur ce banc que je regarde tomber la première neige. Ma montre numérique indique 22:15, le 23 août 2009. Heure à laquelle j'ai dû traverser de l'autre côté. En restant dans le même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À travers les flocons, je crois discerner quelques points rouges qui se déplacent. Comme des yeux. Qui me fixent. Qui s'éteignent et se rallument. Un peu plus près. À chaque fois. De quoi pourrais-je bien avoir peur, si je suis déjà mort? Qu'est-ce qui peut bien arriver à une âme errante?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis engourdi. Come soudé au banc. Et je ne peux m'empêcher de voir ces petits points scintillants filer dans la nuit. S'approcher sournoisement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Qui êtes-vous? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'ai même pas eu à ouvrir la bouche. La question qui fusait dans mon esprit s'est fait entendre à travers le parc, avec un écho lugubre. Ou était-ce des rires? Des rires qui s'amplifient. Et qui sortent de partout autour de moi. Je voudrais fermer les yeux. Essayer de me faire mon film, pour partir. Vite. Mais je suis gelé là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec eux.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-4386232630237477219?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/4386232630237477219/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/08/errance.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/4386232630237477219'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/4386232630237477219'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/08/errance.html' title='Errance'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-1045090177319712025</id><published>2009-08-09T04:01:00.000-07:00</published><updated>2009-08-09T04:12:35.685-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Essai littéraire'/><title type='text'></title><content type='html'>J'écris pour rester vivant. Parce que chacun de mes mots qui s'affiche est une partie de moi, indélébile. Et j'aurai beau dire : « Non non non que de la fiction », il n'existe pas ou presque de cette fiction pure. Je dis presque parce que je n'ai jamais eu envie de scier quelqu'un.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'écris pour me garder réveillé. Pour ne pas endormir mes idées qui s'échauffent. Qui bouillent. Rage, comme un feu qui crépite sous le vent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'écris pour ne pas oublier ce qui me fait mal. Parce que j'aime pas le bonheur. Les happy end. Les fleurs bleues sous un arc-en-ciel et le couple parfait qui s'embrasse dans la rosée du soir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'écris là où ça fait mal. Parce que je sais ce qui fait mal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aime la noirceur d'un personnage. Ou son mystère. Ses idées floues. Le décortiquer, morceau par morceau. Jusqu'à ce que je comprenne. Que c'était moi. Ou une partie. Aussi infime soit-elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai pas perdu la main. Juste l'envie de développer. De m'encarcaner dans un scénario précis, avec des ''moi'' précis. Comme une salle aux miroirs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon langage ne s'est pas éteint. Et ce n'est pas près d'arriver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis un torrents de mots. Ou simplement un poisson qui tente de le remonter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bloup bloup.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-1045090177319712025?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/1045090177319712025/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/08/jecris-pour-rester-vivant.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/1045090177319712025'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/1045090177319712025'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/08/jecris-pour-rester-vivant.html' title=''/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-2390897148434108864</id><published>2009-07-21T10:49:00.000-07:00</published><updated>2009-07-21T11:01:29.409-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nouvelle littéraire'/><title type='text'>L'avalé</title><content type='html'>J'ai ouvert un livre qui commençait comme ça : Tout m'avale. Un livre que je n'ai jamais fini. Et qui a disparu de ma collection. Comme si le destin ne voulait pas que je sache ce qu'il est advenu de Bérénice et de son frère Christian. Ou comme si, inconsciemment, je ne voulais pas lire ce livre. Comme si je ne voulais pas m'imprégner de cette lourdeur poétique. Comme si je n'étais pas prêt aux mots de Ducharme. Comme si dans le fond, c'était moi, l'avalé des avalés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au premier chapitre, j'ai été émerveillé par les mots. Les images. Les phrases. Tout, quoi. Au deuxième chapitre aussi. C'est au vingtième que j'ai reposé le livre. Pour ne jamais le ré-ouvrir. Et pour oublier son existence. Jusqu'au matin où je me suis levé en me disant : Tout va mal. Tout m'avale. Comme Marie-Sissi disait dans son livre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, j'ai perdu l'essence de Ducharme. J'ai oublié les évocations de l'île. Ou de la péninsule. Des flammes. De l'arbre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est drôle comme ces souvenirs fictifs me semblent vrais. D'une certaine manière, je les ais vécus. Mais aujourd'hui, j'ai des images de la maison de Bérénice. Et de son arbre. Son bateau. Son échappatoire. Et moi, l'échappatoire, c'était le cadavre d'un arbre. Effiloché et cousu en papier. Tatoué de langage. Et vendu en plusieurs exemplaires impersonnels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et du jour au lendemain, j'ai commencé à me faire avaler par les mots. Les mots de l'avalée des avalés. Par la  dactylo de Ducharme. Et j'ai perdu pied.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-2390897148434108864?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/2390897148434108864/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/07/lavale.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/2390897148434108864'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/2390897148434108864'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/07/lavale.html' title='L&apos;avalé'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-5898038819465086650</id><published>2009-07-21T08:40:00.000-07:00</published><updated>2009-07-21T08:49:39.246-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Poésie'/><title type='text'>Tempus Fugit</title><content type='html'>J'ai réglé mon pas sur l'horloge du corridor. Mon AM est devenu mon PM et vice-versa. Et à chaque fois que je me réveille, je cogne un clou de plus dans le cercueil de ma vie sociale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est idiot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De toute façon, j'ai perdu mon marteau. J'ai les paumes ensanglantées, percées. En écoutant du Björk. Pas assez de Björk. Pas assez de Metric. Trop de silence. Et de TQS. Et de TVA.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est vide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ma tête. Dans ma vie. Mais pas mon coeur. Qui est trop plein. Beaucoup trop plein. Plein de toi qui est vide de moi. Et non avide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est rouge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans mon univers. Changer mon rideau. Une solution? Ou m'investir à temps plein dans une redéfinition des couleurs de l'intimité. Avec du Lynda Lemay comme fond sonore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est possible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'être heureux pareil. Même quand on se vampirise. Le soleil qui brûle mon sommeil. Mon sommeil qui s'éteint aux levers de lune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est mélancolique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'irai planter une mandragore pour moi, un oeillet pour ma vie sociale et un bouquet de roses rouge pour toi. Je me planterai sans doute une tonne d'épines. Dans la main. Volontairement. Un peu plus de sang, ça change quoi?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est redondant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le tic-tac du corridor. AM est PM et PM est AM. Comme tantôt. Excepté que mon sommeil a peur du soleil. Aujourd'hui.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-5898038819465086650?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/5898038819465086650/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/07/tempus-fugit.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/5898038819465086650'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/5898038819465086650'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/07/tempus-fugit.html' title='Tempus Fugit'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-6853558788077093444</id><published>2009-07-21T05:13:00.000-07:00</published><updated>2009-07-21T05:14:22.060-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>Je vais aller photoshopper mon âme. Ça lui fera du bien.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-6853558788077093444?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/6853558788077093444/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/07/je-vais-aller-photoshopper-mon-ame.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/6853558788077093444'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/6853558788077093444'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/07/je-vais-aller-photoshopper-mon-ame.html' title=''/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-4292780115563963862</id><published>2009-07-08T00:51:00.000-07:00</published><updated>2009-07-08T00:52:45.963-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nouvelle littéraire'/><title type='text'>La porte</title><content type='html'>Devant moi, la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle a sûrement toujours été là. Mais je n'ai jamais été tenté de l'ouvrir. Jusqu'à aujourd'hui. Comme si elle m'appelait, subitement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ouvre-là. Ouvre-là. Ouvre-là.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ennui, c'est que je ne sais pas où elle mène. Ailleurs, sans doute. Mais je ne veux pas l'ouvrir.  Enfin, je ne DOIS pas l'ouvrir. Je crois. Personne ne m'en a jamais parlé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Allez, ouvre-là. Maintenant.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'ai aucune idée de l'endroit d'où je suis depuis trop longtemps. Combien de temps déjà? Deux minutes? Deux heures? Toute une vie?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Il est trop tard pour reculer. Tu l'as vue.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Devant moi, la porte. Qui me supplie de l'ouvrir. La lumière blanche qui s'échappe de sa vieille serrure m'envoûte, me tente, me déchire de l'intérieur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Libère la lumière. Arrache la porte de ses gonds, s'il le faut.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et si mon coeur s'arrêtait, devant la source de cette lumière? Et si je me retrouvais au bout du monde? Et si...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La main sur la poignée, je respire profondément. Le coeur dans la gorge jusqu'aux chevilles, je repousse un peu plus le moment. Je bats au rythme de mon sang circulant à une vive allure. Et je tourne la poignée.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-4292780115563963862?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/4292780115563963862/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/07/la-porte.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/4292780115563963862'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/4292780115563963862'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/07/la-porte.html' title='La porte'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-2000375245284503421</id><published>2009-06-17T17:52:00.001-07:00</published><updated>2009-06-17T18:20:44.168-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nouvelle littéraire'/><title type='text'>Le voyage</title><content type='html'>J'avais soudainement envie de voir Paris. Ses lumières, ses petits pains, son vin et ses Parisiens. Alors, j'ai tout laissé tomber et je me suis pris un billet d'avion. Je suis comme ça, moi. Un coup de tête et PAF, les dés sont jetés. Alors le boulot de journaliste, les réunions mondaines et les rendez-vous, tous annulés. Sans préavis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'accord, j'aurais peut-être dû appeler au bureau. Leur signifier mon départ. Leur dire : « Hé salut tout le monde! Je me pousse d'ici. J'ai le goût de partir, là, comme ça. À la prochaine! » Mais j'aurais sans doute manqué de crédibilité. Ou pire, ils auraient réussi à me convaincre. Car je suis aussi comme ça. Influençable comme pas un. Alors, quand m'est venue l'idée de partir pour l'Europe, j'ai tout de suite réservé un billet d'avion le plus tôt possible, pour ne pas voir personne. Pour ne pas me laisser convaincre de rester. Et me dire que ma vie n'est qu'une accumulation de regrets.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'avais moins de 48 heures pour faire mes bagages. Tant qu'à partir sur un coup de tête, je me suis dit : « Allez hop! Une valise, avec le strict nécessaire. » Quelques vêtements, un lecteur mp3, passeport et autres papiers d'identité et, bien entendu, le contenu intégral de mon compte en banque converti en Euros ( pas grand chose, surtout avec le taux de change ).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques heures plus tard, j'étais en route, à bord de ma voiture ( pas tout a fait payée encore) vers l'aéroport de Montréal. J'étais prêt à dire adieu au Québec, pour un temps qui n'était pas encore déterminé. Sûrement assez longtemps pour ne pas voir l'hiver arriver et repartir. Sûrement assez longtemps pour ne pas fêter mon anniversaire (24 ans bien comptés) avec le peu de proches que j'ai. Et sûrement assez longtemps pour attraper l'accent parisien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon plan était clair : arrivé à Paris, je devais me rendre à l'ambassade canadienne pour une demande de Visa. Puis, attendre que me soit accordé le dit-document en vivant de mes économies ( un peu plus de 10 000 euros, tout de même ). Me trouver un hôtel pas trop dispendieux et faire le touriste pendant une semaine ou deux. Aller prendre des photos de la tour Eiffel, du Louvres et de tous ces endroits que les touristes fréquentent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'était le plan de départ. Celui auquel je me fiais pour devenir aussi parisien que n'importe quel péquenot français qui allait se ruiner dans un appartement de 10 mètres carrés à 900 euros par mois. À peu près. Jusqu'à ce que je croise Marthe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la file d'attente, devant moi, se tenait une femme à l'allure particulière. Particulière, parce que premièrement, sa longue jupe verte d'origine bohémienne ne s'harmonisait pas très bien avec son gilet ample orange brûlé. Deuxièmement, parce que cette accoutrement d'hippie paumé ne cadrait pas avec la mi-quarantaine apparente du personnage. Troisièmement, parce que les petites lunettes de fumée à la Janis Joplin, c'était plus de mode depuis longtemps. Et quatrièmement, parce que tout cet ensemble d'éléments disparates formaient un tout unique, singulier et, curieusement, agréable à regarder. Lorsqu'elle leva la tête vers moi, elle s'aperçut sans doute que moi aussi j'étais seul et me décocha un grand sourire, comme si nous étions des amis de toujours qui se retrouvions, après un long moment d'absence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle me posa plein de questions. Qui j'étais, où j'allais, pourquoi j'y allais et plein d'autres  encore. Puis, elle s'esclaffa, s'excusa d'autant de curiosité et se présenta. Marthe. Nom de famille inutile. D'après ce qu'elle me racontait, je pouvais en déduire que c'était une SDF du monde. Toujours entre deux vols, à se promener à travers les continents. Travaillant pour ramasser un peu d'argent pour vivre et se payer un billet pour sa prochaine destination.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-2000375245284503421?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/2000375245284503421/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/06/le-voyage.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/2000375245284503421'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/2000375245284503421'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/06/le-voyage.html' title='Le voyage'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-2601018401134112869</id><published>2009-06-10T00:57:00.000-07:00</published><updated>2009-06-10T00:59:03.452-07:00</updated><title type='text'>En pause</title><content type='html'>Note inutile : Pause d'écriture pour raison suivante : Blocage&lt;br /&gt;Donc l'écrivain - moi, entre autres - se ressource en lecture et en tentative personnelle d'écriture.&lt;br /&gt;Je suis un vrai personnage de Stephen King : Écrivain bloqué nourrissant trop de vices. Gé-nial. Au plaisir de vous réécrire avant les exercices de septembre!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-2601018401134112869?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/2601018401134112869/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/06/en-pause.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/2601018401134112869'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/2601018401134112869'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/06/en-pause.html' title='En pause'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-6546672509248219260</id><published>2009-05-16T22:59:00.001-07:00</published><updated>2009-05-16T23:17:40.916-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nouvelle littéraire'/><title type='text'>Mai - Un jet comme ça</title><content type='html'>Un moment d'éternité dans l'embrasure de la porte d'entrée. Les yeux au ciel. Le coeur à l'envers. Un moment d'éternité dans l'ouverture d'une porte à la poignée âgée. Et je n'ai jamais perdu le fil de mes idées. Long et mince. Bien ancré dans ma mémoire. Des souvenirs qui se heurtent aux parois étanches de ma tête. Sans que je ne puisse les évacuer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La poignée se réchauffe dans ma main. Un contact humide, juste assez pour me rappeler que j'existe. Ça et le vent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je m'avance sur le perron. Un ciel éclatant, quelques nuages, ici. Et là. Sans plus. Et je referme la porte derrière moi. Emportant dans mes bagages des souvenirs que je ne veux plus garder. Mais qui se sont incrustés. En moi. Comme de la rouille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je sais que devant moi se dessinera bientôt un chemin. Plutôt une autoroute. Sans carrefours. Alors je pourrai regarder le ciel. Et me dire que c'est le même que tu regarderas, en descendant de l'avion. Outre-mer. En pensant à tout. En même temps. Sauf, bien évidemment, à moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ou peut-être alors, juste une pensée. Comme ça. Un petit flash, à peine visible. Un miroitement de bronze mât. Bien peu, comparé à tous ces jours à t'espérer chaque jour. Dans l'hiver. Dans l'automne. Printemps et été. Depuis trop longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est sur cette note que s'achèvera mon foutu mois de mai. Jusqu'aux Perséides. Et je pourrai toujours, dans mon appartement, réécrire Altair et Véga. Leur donner la fin la plus heureuse qui soit. Mais ça ne sera jamais toi et moi. Aussi fort que je puisse le penser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un moment d'éternité sur la route. Vitre baissée, ma cigarette qui s'effrite au vent. Le soleil qui me pique le bras. Sous mes lunettes fumées, mes yeux sur le chemin droit. Et je passe à autre chose. Pour le moment. Car le fil de mes pensées est attaché à toi. Sans jamais se rompre. Il file, long et mince, d'idées en idées, pour faire une escale jusqu'à toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un moment d'éternité. Trop souvent.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-6546672509248219260?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/6546672509248219260/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/05/mai.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/6546672509248219260'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/6546672509248219260'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/05/mai.html' title='Mai - Un jet comme ça'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-3555557779850963784</id><published>2009-04-22T12:43:00.000-07:00</published><updated>2009-04-22T12:49:53.451-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Poésie'/><title type='text'></title><content type='html'>Je laisserai mon coeur voler outre-mer. Puis, marcher dans le mile-end. Et s'ouvrir au monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je resterai sur D'Youville, à attendre que l'auto-car étire le temps. Je prendrai racine comme un saule, à l'orée du parc des Braves. Et je regarderai la basse-ville s'allumer, s'éteindre, devenir métalepse, au gré du temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une larme exiguë dans son champ de Mars, ou d'Élysées. Sur mon terroir dévasté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un marron tombera de mes branches. Et je voudrai l'automne pour moi seul.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-3555557779850963784?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/3555557779850963784/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/04/je-laisserai-mon-coeur-voler-outre-mer.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/3555557779850963784'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/3555557779850963784'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/04/je-laisserai-mon-coeur-voler-outre-mer.html' title=''/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-642235438971693237</id><published>2009-04-19T21:56:00.000-07:00</published><updated>2009-04-19T21:58:33.512-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nouvelle littéraire'/><title type='text'>Deux jours Révisé.</title><content type='html'>Deux jours. Ça fait deux jours qu'il pleut. Sans cesse, comme si le ciel avait un trop plein de tristesse et que quelqu'un l'avait crevé. Ça me fait tellement chier, ça n'a pas de bon sens. Je suis assise, à regarder par la fenêtre, une fois de temps à autres, en espérant te voir arriver. Mais c'est con, parce que tu ne reviendras pas. T'es parti, comme ça, sans rien me dire avant. Pas parce que j'étais horrible. Pas parce que tu ne m'aimais plus. Parce que t'es mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Deux jours complets à écouter du Simon &amp;amp; Garfunkel, parce que tu aimais ça, surtout quand il fait comme aujourd'hui. Un temps triste et mouillé. Parce que cette musique là donnait un petit quelque chose au temps triste et mouillé. Tu m'as jamais dit pourquoi. J'ai jamais cherché à savoir. Pour moi, c'étaient des souvenirs de jeunesse. Mon père qui mettait ça dans le tourne-disque. Et qui faisait tourner ma mère un petit peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    «And here's to you, Mrs. Robinson, Jesus loves you more than you will know...»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Et quand tu mettais tes disques de Simon &amp;amp; Garfunkel, je souriais. Et je regardais dehors. C'était comme aujourd'hui. De la pluie, des nuages. Et des notes de guitare. Mais tu étais là. Et tu chantais. Simon, Garfunkel &amp;amp; Carrier. Aujourd'hui, et depuis deux jours, c'est Simon &amp;amp; Garfunkel, le trio amputé. Et moi qui les écoute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Deux jours que je suis assise, à regarder le temps qui s'égraine et à appuyer sur Play quand le lecteur cinq disques arrête de jouer. J'ai bien essayé de mettre autre chose. Impossible. La température exige du Simon &amp;amp; Garfunkel. Comme tu l'aurais exigé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Demain, ta famille va arriver. Ta mère va m'obliger à arrêter le lecteur CD. Ton père ne dira pas un mot. Ton frère va se foutre de cette décision. Ta soeur va pleurer. Comme elle l'a toujours fait. L'enterrement d'un oncle éloigné, un verre de trop au nouvel an, un chaton écrasé sur le bord d'une autoroute... Une machine à pleurs. Et quand elle va fermer ses valves, ce sera pour gémir d'arrêter la musique. Et aussitôt qu'elle aura fini sa phrase, son stock de larmes fraîchement renouvelé continuera de se déverser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Et je n'aurai pas le choix. Même si je suis chez moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Elle me fait chier ta famille. Autant que cette pluie. Autant que ton vieux haut-parleur qui commence à produire des craquements anormaux. Quasiment autant que ta mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Ça fait deux jours que je n'ai pas ouvert la télévision. Par peur de voir un reportage sur toi. Ou pire encore, voir ton nom relégué aux nouvelles défilantes de LCN. Comme un vulgaire fait divers. Et je ne veux plus entendre parler de toi. Ça me vire trop à l'envers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Le téléphone sonne. Je ne réponds plus. La dernière fois, c'était ton éditeur. « Bonjour. Mes condoléances. Si jamais on peut faire quoi que ce soit... Et où était donc rendu Marc dans son manuscrit?» Je crois que c'est là que j'ai raccroché. Et que j'ai arrêté de répondre au téléphone.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    T'avais commencé un nouveau livre, sans m'en glisser un seul mot. Et Harold me demandait où tu en étais rendu. Comme si je savais. Si je lui avais répondu que je n'étais pas au courant, peut-être m'aurait-il demandé de regarder. Et j'aurais vu sur l'écran de ton Mac les derniers mots que tu as légués à l'immortalité de ton disque dur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Deux jours à me demander ce qui t'a passé par la tête. Et un à me demander pourquoi tu ne m'as pas parlé de ton dernier projet. Comme tu l'as toujours fait. En ouvrant une bouteille de vin et en disant : «Un autre best-seller qui germe.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Le téléphone sonne encore. J'abandonne. J'étire mon bras et attrape le sans-fil, sur la table du salon. Ta mère, qui m'avertit que tes oncles arriveront après-demain, pour la mise en terre. Et ta soeur, à l'arrière, qui pousse un long gémissement. Et qui pleure sûrement toutes les larmes de son corps. Et pendant que ta mère parle, j'écoute d'une oreille attentive la musique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    «Ask me and I will play, all the love that I hold inside.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Je raccroche. Et je fixe le téléphone. Dans ma tête, j'entends ta soeur gémir. En écho. Harold qui me demande l'état de ton manuscrit. Ta mère qui me dit : «Si seulement tu avais été plus à son écoute, peut-être qu'on en serait pas là aujourd'hui.» Tous en même temps. Avec, en arrière-fond, Simon &amp;amp; Garfunkel. Pour les temps tristes et mouillés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    La musique s'est tue. Je me lève et appuie sur Play. Et ça recommence. La routine musicale s'est installée. Je sais déjà qu'après You can tell the world, c'est Last night I had the strangest dream que je vais entendre. Puis, Bleecker Street.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Deux jours que je reste assise dans le salon. Que je ne me lève que pour l'essentiel. Mais la majeure partie du temps, je suis là, assise sur mon fauteuil bien trop grand pour moi toute seule. Toujours trop grand. Comme tout ce qui m'entoure. Deux jours à apprivoiser le vide. À le combler de musique. À penser à tout ce que je peux penser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Le téléphone sonne encore. Une fois. Deux fois. Trois fois. Je ne réponds pas. C'est peut-être ta mère, qui veut m'accuser sournoisement, encore et encore. Peut-être Harold, qui veut savoir si tu ne caches pas un manuscrit caché pour publier un livre posthume. Parce que la mort, ça paie. Peut-être ma soeur, qui ne m'a pas contacté depuis déjà trois ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Je suis rendue au deuxième CD sur cinq. Je l'aime bien, celui-là. Il y a des mots qui me font penser à toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    «I know it's not right to leave you when morning is just a few hours away.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    T'es parti, comme ça. Tu t'es levé, avant moi, et t'as pris la voiture. Pour ne jamais revenir. Avant même que le téléphone ne sonne, vers huit heures, je savais que quelque chose s'était passé. Ça m'a réveillée. Comme un sixième sens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Le téléphone sonne une fois. Deux fois. Trois fois. Plein de fois. Il ne s'arrête pas. Je réponds.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    «Bonjour Madame! Nous vous appelons pour savoir si vous étiez intéressée à recevoir le Journal du Québec à votre domicile, et ce, à chaque jour?»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Et au lieu de répondre un non poli, j'hurle. J'hurle comme c'est pas permis. Je veux lui défoncer le tympan, à cette standardiste-vendeuse-peu m'importe. Je ne suis plus une femme, je suis un klaxon, une sirène. Je suis Le cri, de Munch. Et j'étouffe ma rage dans un sanglot. Je n'entends plus rien au téléphone. La tonalité revient. Et je pleure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Deux jours que je n'avais pas pleuré. Pas une larme. Et maintenant, je suis intarissable. Comme ta soeur. Un festival d'émotivité. Je n'entends même plus Simon &amp;amp; Garfunkel. Je dois bien être rendue au troisième CD. Ou alors le quatrième. Je me retiens, juste un peu, et j'entends : «Preserve your memories, they're all that's left you.» S'il est possible de se noyer dans ses larmes, je crois que je ne suis pas loin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Le cinquième CD se termine. Au lieu de recommencer le cycle musical, je quitte le salon. Et je monte au premier étage. Deux jours que je n'y suis pas allée. Je suis devant la porte fermée de notre chambre. Ma chambre, maintenant. Un peu plus loin, il y a ton bureau. Mais je ne peux pas y aller. Pas maintenant. Je te verrais partout. Je te sentirais partout. Et je pourrais presque t'entendre cliqueter tes doigts sur ton clavier d'aluminium. Devant ton écran Apple. Et j'en deviendrais folle. Si je ne le suis pas déjà.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    La chambre sent le renfermé. Les rideaux sont tirés. Et il fait noir. Mais malgré ça, les lattes de bois de Colombie rouge bourgogne se font voir à travers la pénombre. La couleur sombre du sang.  Notre lit est exactement comme je l'ai laissé, ce matin-là. Draps défaits, oreillers fripés. J'allume la lumière et m'avance vers le placard. En dedans, notre boîte à souvenirs. Coffre aux trésors remplis de photos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Deux jours que je m'empêche de l'ouvrir. D'accepter son existence. Que je la renie en écoutant ta musique. Et là, elle est ouverte, sur le lit, le couvercle traînant par terre. Et moi, couchée à plat ventre sur le lit, appuyée sur mes coudes. La couette sous moi, en boule, comme pour me protéger du confort du matelas. J'ai dans les mains quelques photos de toi, de moi. Et de nous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Moi, en bikini, sur une plage quelconque de la Floride. Toi, en train de peinturer le salon. Moi, en train de lire ton premier roman. Toi, qui écrit ton deuxième, ou ton troisième livre. Moi, qui pointe un troupeau de bœufs dans le champ. Toi, qui regarde au loin, le soleil se couchant sur le grand lac Saint-François, en arrière-plan. Mon coeur qui s'excite, se tord. Moi, qui jette la photo par terre. Qui recommence à pleurer. Qui m'étouffe avec mes gémissements. Qui prend la lampe de chevet et la balance contre la penderie. Qui renverse la boîte de souvenirs en criant. Qui s'écroule, acculée au mur de lattes. Perdue entre les photos d'un autre temps et le vide de ma chambre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Je pleure, comme une petite fille. En marmonnant «Pourquoi?» entre deux coulées de larmes. Sans attendre de réponses. Parce que personne ne peut m'en donner. Sauf toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    C'est le silence. Lourd et pénible. Et ça me donne mal au coeur. Je penche la tête et je vomis. Tout ce que je n'ai pas pleuré, en flaques, parmi les photos. Photos de toi. Et de moi. Avec la famille. Moi seule. Bien habillée. Des fois, pas du tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Je retourne au rez-de-chaussée. Je n'ai qu'une idée : retourner au trop grand divan. La pluie martèle encore les fenêtres. Je pense à ta mère qui va débarquer avec son escadron et qui va s'imposer plus que jamais. Parce qu'elle ne me croit pas capable d'organiser les funérailles. Parce qu'elle me croit responsable de ta mort. Comme si je t'avais poussé à partir ce matin-là. Comme si je t'avais vissé l'arme à la main. Comme si c'était moi qui avais appuyé sur la détente devant ces gens innocents. Comme si j'avais lentement retourné l'arme contre ta tempe. Comme si....&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Le téléphone sonne. Je l'écoute me fendre le crâne en plusieurs morceaux. Un sans-fil traîne sur le comptoir à côté de moi. Il me résonne dans la tête, comme les pleurs de ta soeur, les paroles d'Harold et la voix de ta mère. Et cette standardiste trop heureuse de faire son travail. Je le prends, et au lieu de répondre, je le fracasse sur le sol, avec toute la force que j'ai. J'entends celui du salon sonner faiblement. Puis, plus rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Deux jours à me demander pourquoi t'as fait ça. À te chercher dans ta musique. Dans le salon trop grand. Sur le divan trop grand. À refuser l'existence de nos souvenirs. Et de ton dernier manuscrit. À écouter la pluie s'abattre sur East Broughton, campagne monotone en périphérie de Thetford Mines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Et là, à ce moment précis, je veux avoir des réponses. Je tourne les talons et remonte au premier. Je dépasse la chambre et pose une main sur la poignée de la porte de ton bureau. J'ai le coeur qui bat trop vite. Je vais être malade, encore. Je ferme les yeux. Et je respire. Une fois. Deux fois. Trois fois. Comme le téléphone. Et je tourne la poignée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Tout est en ordre. Ton immense bibliothèque ne doit contenir que le quart de tes livres. Les autres doivent être rangés au sous-sol, dans des boîtes. Et sur le long du mur, ton ordinateur. Un iMac récent de deux années. Acheté avec une partie des droits d'auteurs de ton deuxième roman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Je n'ose pas m'asseoir. De peur de prendre ta place. Je bouge la souris, et l'écran s'illumine. Tu n'aimais pas perdre ton temps à attendre que l'ordinateur s'ouvre. Devant mes yeux, j'ai le traitement de texte ouvert sur ce qui semble être tes dernières lignes. Tes dernières confidences écrites en ce monde. En tout, ce sont quarante pages qui s'offrent à moi. J'ai envie de rire, en pensant à Harold qui n'étancherait pas sa soif d'argent avec les quarante premières pages d'un livre qui resterait inachevé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Je parcours en diagonale ton texte, sans trop m'attarder aux détails. Rien d'extraordinaire. Du moins, rien qui puisse m'indiquer ce qui t'a poussé à tuer cinq personnes par un matin pluvieux, pour ensuite t'enlever la vie. Au lieu de tout simplement te faire à déjeuner et écouter du Simon &amp;amp; Garfunkel. Comme je le fais depuis deux jours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Je ne trouve rien, jusqu'à la dernière ligne du texte, qui semble casser le rythme. En caractère italique. Comme un message que tu aurais voulu me laisser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;    Ils sont en train de m'avoir. Ils sont en train de m'avoir. Ils sont en train de m'avoir&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Et pendant que je fixe ces mots, mes mains se posent sur le clavier. Contre ma volonté. Et mes doigts deviennent agiles et cliquètent comme les tiens, dans un moment d'inspiration. Sauf que moi, je ne sais pas ce que j'écris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pars au plus vite. Ils sont là, à t'attendre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Deux jours. Ça fait deux jours qu'il pleut. Deux jours que je suis assise, à écouter de la musique. Ta musique. Et à regarder dehors, espérant ton retour. Mais c'est con. Parce que tu ne reviendras pas. Jamais. T'es parti, comme ça, sans rien dire à personne. En emmenant cinq inconnus avec toi. Pas parce que t'étais méchant. Mais parce qu'ils t'ont eu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Quelques heures déjà à me demander pourquoi tu ne m'as rien dit. À me demander qui ils sont. À empirer ma folie de ne pas comprendre la tienne. Quelques heures à me demander ce qu'il va m'arriver, si la musique s'arrête.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-642235438971693237?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/642235438971693237/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/04/deux-jours-revise.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/642235438971693237'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/642235438971693237'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/04/deux-jours-revise.html' title='Deux jours Révisé.'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-6257011574155470440</id><published>2009-04-15T21:56:00.001-07:00</published><updated>2009-04-15T22:09:20.985-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Poésie'/><title type='text'></title><content type='html'>Étendre du sel sur tes paupières. Et attendre que tes congères opaques se percent de lumières. Attendre que ton regard de glace se liquéfie. Permettre à tes yeux d'éponger ma solitude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mes doigts s'effilochent. Au contact de ta peau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai perdu le pôle.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-6257011574155470440?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/6257011574155470440/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/04/etendre-du-sel-sur-tes-paupieres.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/6257011574155470440'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/6257011574155470440'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/04/etendre-du-sel-sur-tes-paupieres.html' title=''/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-3781050235681694728</id><published>2009-04-13T23:45:00.000-07:00</published><updated>2009-04-15T13:17:54.735-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nouvelle littéraire'/><title type='text'>Dernier atelier d'Activité Créatrice (Fin révisée)</title><content type='html'>&lt;span style="font-style: italic;"&gt;'You know we're going back to MANderley, &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;We're gonna dance on the SANderley, &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;I'm gonna sing with the BANderley, &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;We gonna ball all we CANderley — &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ball me, baby, yeah!'&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Bag of bones  -  Stephen King&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Tu t'es endormi, Lukas. J'aurais pu te tenir réveillé, mais cela faisait trop longtemps que tu t'épuisais à veiller avec moi. Ta tête déposée sur mon sein,  tu respires de tout ton petit corps. En temps normal, j'aurais été rassurée par ta respiration. Chacun de tes souffles, comme un baume. Mais, j'ai peur, Lukas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Combien de temps s'est écoulé, depuis que je me suis effondrée sur ce trottoir? Combien d'inspirations se sont insinuées en toi, depuis que je suis accotée à ce mur, vieux comme la ville? Combien de larmes m'ont quittées, pour rejoindre le pavé, ou ta peau? Combien de gens sont passés, sans jamais s'arrêter, sans même nous jeter un coup d'oeil?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Si je savais où nous étions, Lukas, si je savais...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Ici, rien ne m'est familier. Les visages, les rues, les façades, les trottoirs... et si je criais? Peut-être que quelqu'un s'arrêterait? Peut-être que quelqu'un me regarderait? Peut-être que quelqu'un m'entendrait?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   C'est à mon tour d'inspirer. Le plus longtemps possible. Je ferme les yeux et j'expulse le tout. Un grand cri de détresse. De panique. Peu importe. Un grand cri. Et toutes les larmes qui n'avaient pas encore coulées glissent le long de mes joues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Ils ne semblent pas m'entendre. Ils continuent tous de passer, sans faire attention à nous. Je voudrais me lever, m'emporter contre ces égoïstes. Mais je n'ai plus de forces. Ce qu'il me reste, je le ménage pour me cramponner à toi. Pour ne pas qu'on t'arrache à moi. Et que je me retrouve seule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Seule, comme lorsqu'ils sont venus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;    Ils sont entrés chez moi. Ils m'ont forcé à t'abandonner. Et ils sont partis. Avec toi, qui me regardais, sans comprendre. Pleurant à chaudes larmes. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;    Et je les regardais partir, dans l'embrasure de la porte, qu'ils n'avaient même pas pris soin de fermer. Mon coeur brisé de mère indigne vautré dans la cuisine du HLM. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   J'ai froid, Lukas. Et toi, tu dors toujours. Même sans tes souliers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;   Tes souliers que je t'avais achetés. Deux jours avant qu'ils ne viennent. Ils étaient bleus et rouges, tes couleurs préférées. Ils n'ont même pas pris la peine de te les mettre au pied, avant de partir. Ils se sont enfuis, par peur que je leur fasse une crise épouvantable. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Les gens continuent de passer. Je ne suis qu'une sans-abri, à leurs yeux. Une sans-abri qui a sûrement été engrossée par on-ne-sait-quel bienfaiteur avide de reconnaissances. Et qui se sert de son trophée de chasse comme outil de quête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Mais je ne suis pas une mauvaise mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   &lt;span style="font-style: italic;"&gt; «Je t'aime trop, Lukas. Je t'aime trop pour te laisser partir.» Et ils m'ont donné une chance de te revoir. Deux jours. Du vendredi à 4 heures de l'après-midi jusqu'à dimanche, à la même heure. Ils sont venus te porter. Ils m'ont regardé, pendant de longues secondes. Et t'ont finalement laissé avec moi pour deux petits jours. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   De plus en plus de passants marchent sur le trottoir, tout près de nous. L'un d'entre eux a la tête tournée dans notre direction. Mais il regarde furtivement le mur, couvert de graffitis. Je m'essuie du bout des doigts une autre larme, restants de colère, de tristesse et de désespoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;    J'ai fait couler un bain. Pas trop froid, ni trop chaud. À la température idéale pour un petit garçon de 3 ans. Une bonne mère, jusque dans les moindres détails. Et pendant que je te lavais, j'ai pensé : « Et si...»&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Sous ma main, je peux sentir la peau de ton visage se refroidir. L'air commence à m'insensibiliser. Je ne sens plus ta courte respiration, ni le poids sur mon sein. Comment nous ais-je amenés ici, dans cet endroit inconnu, où personne ne peut nous voir?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   &lt;span style="font-style: italic;"&gt;J'ai ouvert la pharmacie, la main tremblante. «Où sont mes comprimés? Où sont-ils? Juste là.» Le pot était sur la tablette du haut, juste à côté du sirop pour la toux et des aspirines. «Rivotril. Pas plus de 6 comprimés par jour.» Je pensais à voix haute, comme si je cherchais à rassurer quelqu'un. Mais il n'y avait que moi. Les mains mouillées. Assassines. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;    Assise dans la cuisine, les yeux posés sur la porte de la salle de bain, j'attendais le sommeil venir. Devant moi, un pot de plastique vide et une bouteille de whisky bien entamée. Pendant que mes paupières se fermaient, j'ai pensé : &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   «Ils ne nous sépareront plus.» Ma voix éteinte résonne dans mes oreilles. Comme si elle venait de très loin. Je regarde une dernière fois les passants. Il y en a un qui nous regarde, une esquisse de sourire sur son visage blanc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Il a fait tout noir.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis, plus rien.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-3781050235681694728?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/3781050235681694728/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/04/dernier-atelier-dactivite-creatrice.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/3781050235681694728'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/3781050235681694728'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/04/dernier-atelier-dactivite-creatrice.html' title='Dernier atelier d&apos;Activité Créatrice (Fin révisée)'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-8736995811127992192</id><published>2009-04-08T19:20:00.001-07:00</published><updated>2009-04-08T19:20:57.938-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Poésie'/><title type='text'>Pastiche Jack Kerouac Blues</title><content type='html'>En ce temps-là les mémoires s'étendaient plus loin que la ligne d'horizon&lt;br /&gt;chaque colline d'amiante expurgée de sa semence trônant à l'orée du monde&lt;br /&gt;je cherchais mon avenir sur les restants poudreux des mines d'autrefois&lt;br /&gt;Thetford mourait comme une chandelle face à l'orage&lt;br /&gt;entre les filaments désuets et l'entêtement d'une foule&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;le Québec m'ouvrait ses bras, grands comme des rêves d'enfant&lt;br /&gt;les promesses s'entassaient en moi      sardines de bonheur&lt;br /&gt;terre d'Amérique aux milles désirs et aux milles six envies&lt;br /&gt;elle s'éveillait dans le lit du fleuve       et les crissements du caoutchouc&lt;br /&gt;avec Pontbriand qui époumonait l'ontologie&lt;br /&gt;Bissoondath qui usait de schizogénie&lt;br /&gt;pendant que je me brûlais le bout des doigts&lt;br /&gt;avec l'espoir de coller le rêve sur papier      à l'aide de mes mains littéraires    et de mes pensées      léthargiques&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;and somewhere Thetford was dying like a candle against the storm&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;je chevauchais le présent&lt;br /&gt;entre un passé lunaire et un avenir sans ombre&lt;br /&gt;et Thetford se mourait comme une chandelle face à l'orage&lt;br /&gt;mon passé me surpassait sans jamais m'embarquer&lt;br /&gt;j'étais là      face à rien    étouffés de promesses&lt;br /&gt;et je cherchais du bout des doigts      les mêmes que je brûlais&lt;br /&gt;des réponses en référence&lt;br /&gt;des questions entre les lignes&lt;br /&gt;oubliant mes racines qui s'asséchaient&lt;br /&gt;plus meurtries que la peau de mes mains&lt;br /&gt;brûlée par des mots     qui n'étaient pas les miens&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;and somewhere Thetford was dying like a candle against the storm&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mineurs usés comme l'escarpement d'un ravin tri-centenaire et abîmés      comme le pavé d'un village défiguré&lt;br /&gt;mines accrochées jusqu'au Jugement Dernier      comme un dernier espoir     une crise de folie&lt;br /&gt;tous ramassent ses miettes     dans l'espoir de la recoller     casse-tête dépecé&lt;br /&gt;tous s'harcèlent à savoir      qui partira le premier   &lt;br /&gt;et je quittai    pensant rebrousser    pour mieux me retrouver&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;and somewhere Thetford was dying like a candle against the storm&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;toutes les prières prononcées       à une image morcelée     transfigurée     Dieu&lt;br /&gt;cachaient la plaie      jamais recousue      d'un échec et mat&lt;br /&gt;and somewhere in Quebec I was burning my fingers&lt;br /&gt;les mots s'envolaient     emportant des pages et des pages     de rêves&lt;br /&gt;pas les miens     ni les leurs&lt;br /&gt;un papier partait au vent      une étoile irradiait     crevant mes yeux     de lumière diffuse&lt;br /&gt;et j'oscillais   métronome littéraire   tapant des rythmes de phrases contigües    incongrues     décousues   &lt;br /&gt;une aiguille et du fil      crayon et talent    et j'entendais&lt;br /&gt;Cotnoir épeler mon passé      conseiller mon présent     étouffer mon avenir&lt;br /&gt;devant mon ordinateur     épitaphe moderne     et je mourais un peu plus&lt;br /&gt;entre les filaments lettrés et l'entêtement archaïque        vérité littéraire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;and somewhere in me Thetford was dying while I was catching dreams&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;et pendant que mes racines s'enflammaient&lt;br /&gt;je ne voyais plus le jour s'accrocher à moi&lt;br /&gt;que des idées     chemins d'amiante     qui s'effritent sous le passage&lt;br /&gt;l'horloge au mur aurait crié     si horloge au mur il y avait&lt;br /&gt;et j'ai trébuché     une phrase de trop    qui s'est emmêlée    dans les mots de mes souliers&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;and somewhere in me I was dying like a sun in the snow&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;et au lieu de repartir      sans rien dans les poches    &lt;br /&gt;j'ai écrit mon nom       du bout de mes doigts calcinés&lt;br /&gt;et sans pleurer j'ai éteint      la chandelle atrophiée   &lt;br /&gt;j'ai regardé l'épitaphe de mes soirées    qui irradiait d'étoiles&lt;br /&gt;j'ai rythmé un rêve qui sonnait comme une réalité&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-8736995811127992192?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/8736995811127992192/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/04/pastiche-jack-kerouac-blues.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/8736995811127992192'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/8736995811127992192'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/04/pastiche-jack-kerouac-blues.html' title='Pastiche Jack Kerouac Blues'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-8145984898880577870</id><published>2009-04-06T13:21:00.001-07:00</published><updated>2009-04-06T13:21:30.297-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Essai littéraire'/><title type='text'>Essai</title><content type='html'>Je m'appelle Mathieu. Comme à peu près 3500 autres garçons de ma génération à travers la francophonie occidentale. Bon j'exagère sûrement, mais quoi qu'il en soit, le fait est là : mon nom est un nom commun. Moins commun que table, chaise, paragraphe, il va sans dire. J'ai tout de même un nom propre. Mais j'ai ce qu'on appelle un nom commun de noms propres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rares sont les fois où, dans mes classes, il n'y avait pas d'autre Mathieu. Et rares sont les fois où je n'étais pas assis proche de ces usurpateurs. À moi de faire le saut quand le professeur prononçait mon nom pendant que je faisais tout sauf écouter. Et de me rendre compte que c'était à mon voisin que la question était adressée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, je m'appelle Mathieu, mais c'est un accident. Ma mère tenait absolument à m'appeler Matthew (prononcé Ma-tsi-ou). Sans doute la mode d'appeler ses enfants par un nom anglais alors qu'on ne parle pas du tout anglais. Je pense à Steeven, Nancy, William, Bobby, Jane, Megan, etc, etc. Bref, Matthew. À ma naissance, c'était mon nom officiel. Mais grâce aux infirmières qui étaient incapables de saisir toute la subtilité de la chose - et persistaient de m'appeler Mathieu, malgré l'énervement de ma mère -, ma mère abdiqua et me donna mon nom actuel. Un T, pas de fioritures rien. Comme à peu près beaucoup trop de gens (Googlez mon nom, vous obtiendrez 20 600 000 résultats. Char-mant.).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout le monde avait une histoire quant à l'origine de leur nom. Nom de grand-père, de grand-mère, d'ami lointain, disparu, ou tout simplement mort, etc. Même ma soeur, de trois ans ma cadette, a hérité du nom d'une vieille chanson atroce de The Police. Moi, mon nom ne vient de nulle part. Oh, bien sûr, j'aurais pu me créer cette origine, dire que mon nom vient de l'apôtre Matthieu ou de l'évangéliste (car on sait tous que ce n'est pas la même personne), mais alors, les gens m'auraient dit : «Pourquoi un seul T, alors?» Et j'aurais bredouillé n'importe quoi comme :«Euh bah... pour faire plus simple, j'imagine?»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mes parents, en m'appelant ainsi, n'ont pas pensé à l'agacement que les diverses sonorités de mon nom pouvaient créer. Pour le Ma, aucun problème. C'est doux, ça coule et ce n'est pas très agressif. Là où ça se corse, c'est dans le thi. Ce n'est pas un t clair qui est prononcé, mais un t sifflé. tssssi. TSSSS. Bon j'exagère, mais vous comprenez le principe. Répétez cette phonème plusieurs fois dans l'oreille de quelqu'un et constatez à quel point votre victime sera agacée. Plusieurs diront qu'il n'y a rien là, que l'on prononce habituellement cette syllabe infernale rapidement, l'escamotant presque. Mais c'est qu'ils ne réaliseront pas que ces deux horribles lettres (th) sont surmontées de ieu. YEU. La liaison coule, sans problèmes. Mais c'est le eu. Quel son carré, peu mélodieux qui agressent sûrement ceux qui doivent les entendre toute la journée. Surtout lorsque le destinataire appuie et élance la syllabe, la laissant mourir dans l'air, avec une petite ascension. «Mathieeeeeeuuuu?»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais j'ai beau voir beaucoup de désavantages à m'appeler Mathieu, j'aime bien que l'on m'appelle par mon nom plutôt qu'un autre. Combien de fois les gens se sont-ils tromper? Plus souvent qu'autre chose, je me suis appeler Maxime. Ou Olivier. Ou Stéphane. Ou même François. « Excuse-moi! Mais t'as tellement une face à t'appeler de même.» C'est drôle, mais je ne comprends pas. Je comprends encore moins les parents qui, devant leur bébé naissant, décident de changer le nom quil voulait y donner, parce qu'il a la face d'un autre nom. « Appelons-là Nancy, car elle a tellement une face de Nancy. En tout cas, plus que Maryse.»&lt;br /&gt;Bref. Tout ça pour dire que je m'appelle Mathieu.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-8145984898880577870?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/8145984898880577870/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/04/essai.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/8145984898880577870'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/8145984898880577870'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/04/essai.html' title='Essai'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-3241307851415393109</id><published>2009-04-05T21:01:00.000-07:00</published><updated>2009-04-05T21:04:07.774-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Poésie'/><title type='text'>Tout</title><content type='html'>J'ai la mémoire du temps qui perle au coin de mes yeux. Larme blanche qui transperce. Mon dos. Mes pensées.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-3241307851415393109?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/3241307851415393109/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/04/tout.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/3241307851415393109'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/3241307851415393109'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/04/tout.html' title='Tout'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-7560533396773497505</id><published>2009-04-05T18:12:00.000-07:00</published><updated>2009-04-05T18:13:53.106-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nouvelle littéraire'/><title type='text'>Érotisme retravaillé</title><content type='html'>And I am not frightened of dying, any time will do, I don't mind. Why should I be frightened of dying? There's no reason for it, you've gotta go sometime. [...] I never said I was frightened of dying.&lt;br /&gt;The Great Gig In The Sky, Pink Floyd&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Simon faisait glisser sa main le long du visage rond de Jessie, ou Fanny, il n'en était pas certain. Quel âge faisait-elle, couchée là, ses cheveux roux sur l'oreiller, contrastant avec la blancheur de sa peau nue? Sûrement pas plus de 25 ans. De temps à autres, elle poussait un petit gémissement, ce qui excitait Simon encore plus. D'un geste lent et attentionné, il laissa glisser ses doigts le long de son cou, jusqu'à sa poitrine. Il effleura son mamelon durci, pointant vers le ciel. Il se cache le visage dans son cou et y déposa plusieurs baisers. Sa main quitta le petit sein confortable et s'aventura jusqu'au bas-ventre, où elle se posa à plat, pour y sentir la fraîcheur de sa peau. La jeune femme prenait de grandes respirations, sa poitrine suivant le rythme langoureux qui était instauré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Simon prit appui sur son coude pour la regarder d'un autre point de vue. Les yeux clos, elle semblait paisible, comme si elle était en extase, ou en plein sommeil. Il baisa ses lèvres, sans s'attendre à ce qu'elle réponde. Une faible odeur d'alcool s'échappait de sa fine bouche à chaque expiration. Il ne manquait qu'une chose pour que ce moment soit parfait. Simon se retourna et prit la télécommande de son lecteur CD. Lorsqu'il appuya sur Play, la musique de Pink Floyd meubla le silence de la maison plongée dans l'obscurité. Pendant que Breathe jouait, Simon flattait les hanches de sa conquête, qui demeurait silencieuse et immobile. Juste à penser à ce qui s'en venait, Simon sentait son membre s'écraser sous son jeans, qui devenait de plus en plus serré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    «Pas tout de suite. Il faut faire durer le plaisir.», se dit-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Alors qu'il s'était blotti contre elle, il sentit bouger sa jambe. Pris d'un sursaut, il quitta le lit d'un bond et la regarda, effrayé. Un des liens lui retenant les pieds s'était défait. Le noeud avait été sans doute mal fixé au pied du lit. Simon rattacha la corde, en s'assurant qu'elle ne lâcherait pas encore. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Couchée là, elle donnait l'impression qu'elle savourait le moment. Ses cheveux qui encadraient son visage un peu rond, ses bras placés en croix qui ouvraient sa poitrine...  Elles donnaient toutes cette impression là quand il les ramenait chez lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Simon pencha la tête devant ce spectacle qui l'étonnait encore à chaque fois. Mais ce soir-là, il avait brisé le moment. Il avait eu peur qu'elle se soit réveillée. Mais jamais ce n'était arrivé avant. Elles ne se réveillent jamais à ce moment là. Il s'avança lentement vers le lit, Time l'accompagnant dans sa lente marche. Il était maintenant debout, à côté du lit. Si près de cet ange roux, son pénis se gonfla d'excitation, dans l'appréhension de ce qu'il allait faire. Il se pencha pour sortir son sac de dessous du lit. En l'ouvrant, il leva la tête vers Jessie. Ou Fanny. Mais il préférait Jessie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    «Tu es vraiment mon genre de fille.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Il déposa sa scie égoïne sur le lit, à côté de la jeune fille endormie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    «Vraiment.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Sa gorge, nouée par l'excitation, avait étouffé la dernière syllabe. Il posa un baiser sur le front de Jessie. Puis, prenant une grande respiration, il reprit en main son outil. Dressée comme un phallus, la scie reflétait la lumière de la table de chevet. Simon réprima un petit tremblement de la main et posa les dents de la lame sur la cuisse de l'objet de son désir. Il attendait le moment pour commencer son mouvement de va et vient. Le disque changea de piste, et les premières mesures de The Great Gig In The Sky se firent entendre. Sous sa main libre, Simon sentait la peau douce de Jessie. Ses yeux étaient toujours fermés, dans son sommeil éthylique. Simon déplaça son regard vers la jambe qu'il avait empoignée d'une main ferme. La voix de Clare Torry s'éleva dans la chambre, et le premier coup de scie fut donné. Le corps de Jessie s'arc-bouta et une profonde plainte s'échappa de sa bouche. Simon releva la tête pour la voir s'éveiller. Les yeux grands ouverts, la bouche tordue, se débattant faiblement, elle était encore plus attirante. Simon continua de la dépecer, chacun des coups de scie provoquant chez Jessie des hurlements de plus en plus sinistres, que la voix de Torry ne parvenait pas à couvrir. Mieux encore, les deux voix se mêlaient langoureusement ensemble, dans un long duo morbide qui excitait de plus en plus Simon. Pendant quelques instants, Jessie cessa de crier et le regarda. Quelques larmes coulaient le long de sa joue. Puis sa tête s'échoua sur l'oreiller. Torry était maintenant seule à lancer sa voix au ciel. Simon respirait fort, comme s'il était d'une crise d'asthme. Mais il ne cessait pas son mouvement de va et vient. Au rythme de la musique. Celle-ci commençait à faiblir, annonçant la fin du morceau. Simon déposa sa scie sur le ventre de Jessie et retira son pantalon. Son énorme gland turgescent, rougi d'excitation, s'éleva à la hauteur de son nombril. D'une main, il poussa la jambe sciée en-dehors du lit. Il la regarda pendre au bout de la corde et sentit une chaleur lui monter de plus en plus dans les jambes. Il regarda le visage de la jeune fille inconsciente, pendant que les dernières notes de la chanson s'évanouissaient dans l'air, pour bientôt laisser place à Money. Il s'embarqua à califourchon sur la jambe restante, à la hauteur du genou. Il reprit sa scie, et pendant que les bruits de caisses enregistreuses mêlées aux guitares emplissaient ses oreilles, il sentait son plaisir s'intensifier de plus en plus.&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Brain Damage jouait pendant que Simon pénétrait Jessie avec force. Il sentait la jouissance monter en lui, traverser son membre à chaque fois qu'il entrait en elle. L'odeur de sa sueur mêlée au sang lui faisait tourner la tête. Puis, de plus en plus, il sentait l'orgasme approcher. C'est vers le milieu d'Eclipse qu'il explosa, se vidant de son plaisir en elle. Tous ses muscles se contractèrent, pendant un instant, puis se relâchèrent. Il se laissa choir sur le corps qu'il avait mutilé, pour profiter une dernière fois de l'odeur sensuelle de la mort qui, une fois de plus imprégnait ses draps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Le silence était revenu dans la maison lorsque Simon se décida enfin d'aller prendre une douche. Avant de sortir de la chambre, il se retourna vers le lit. Le tronc de Jessie baignait dans une mare de sang, ses membres sciés pendant chacun au bout de leur corde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    «Tu étais vraiment mon genre de fille.»&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-7560533396773497505?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/7560533396773497505/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/04/erotisme-retravaille.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/7560533396773497505'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/7560533396773497505'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/04/erotisme-retravaille.html' title='Érotisme retravaillé'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-4865475579310503277</id><published>2009-04-01T21:29:00.000-07:00</published><updated>2009-04-01T22:07:01.657-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Poésie'/><title type='text'>Le fleuve 2e version</title><content type='html'>Je voudrais me fendre en quatre, là où le fleuve se sépare de la terre. Perdre pied et m'accrocher au littoral, pour ne sentir que la brise du silence. Je voudrais me fracasser aux rochers de tes idées, m'oublier, comme ça. M'arracher la rage du poitrail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Verser une cascade de cris, un précipice de haine. Et une bruine de je t'aime. Je te sanglote, sur le bord d'un fleuve aux milles visages. Va-t-en aux quatre coins du monde. Propage-toi, comme une maladie. Et laisse-moi me greffer à la mer. Comme un glacier millénaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Déjà le sel m'abime les yeux. Les écumes se déferlent sur ma peau. Les vagues s'écrasent sur ma tête. Je voudrais m'éloigner du ciel pour toucher l'abysse. Me fusionner à l'estuaire. N'être plus qu'un embrun de larmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne me retiens pas. Même si tu n'as jamais essayé. Ne me regarde pas. Même si tu ne m'as jamais vu. Et laisse-moi quitter le métal. À travers l'air du temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour me mêler au fleuve.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-4865475579310503277?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/4865475579310503277/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/04/le-fleuve-2e-version.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/4865475579310503277'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/4865475579310503277'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/04/le-fleuve-2e-version.html' title='Le fleuve 2e version'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-3118947050139451073</id><published>2009-03-29T16:12:00.000-07:00</published><updated>2009-03-29T16:13:20.136-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nouvelle littéraire'/><title type='text'>Nouvelle... érotique?</title><content type='html'>And if the cloud bursts, thunder in your ear&lt;br /&gt;You shout and no one seems to hear&lt;br /&gt;And if the band youre in starts playing different tunes&lt;br /&gt;Ill see you on the dark side of the moon&lt;br /&gt;Brain Damage de Pink Floyd&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt; Simon faisait glisser sa main le long du visage rond de Jessie, ou Fanny, il n'en était pas certain. Quel âge faisait-elle, couchée là, ses cheveux roux sur l'oreiller, contrastant avec la blancheur de sa peau nue? Sûrement pas plus de 25 ans. De temps à autres, elle poussait un petit gémissement, ce qui excitait Simon encore plus. D'un geste lent et attentionné, il laissa glisser ses doigts le long de son cou, jusqu'à sa poitrine. Il effleura son mamelon durci, pointant vers le ciel. Il se cache le visage dans son cou et y déposa plusieurs baisers. Sa main quitta le petit sein confortable et s'aventura jusqu'au bas-ventre, où elle se posa à plat, pour y sentir la fraîcheur de sa peau. La jeune femme prenait de grandes respirations, sa poitrine suivant le rythme langoureux qui était instauré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Simon prit appui sur son coude pour la regarder d'un autre point de vue. Les yeux clos, elle semblait paisible, comme si elle était en extase, ou en plein sommeil. Il baisa ses lèvres, sans s'attendre à ce qu'elle réponde. Une faible odeur d'alcool s'échappait de sa fine bouche à chaque expiration.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Il ne manquait qu'une chose pour que ce moment soit parfait. Simon se retourna et prit la télécommande de son lecteur CD. Lorsqu'il appuya sur Play, la musique de Pink Floyd meubla le silence de la maison plongée dans l'obscurité. Pendant que Breathe jouait, Simon flattait les hanches de sa conquête, qui demeurait silencieuse et immobile. Juste à penser à ce qui s'en venait, Simon sentait son membre s'écraser sous son pantalon de jeans, qui devenait de plus en plus serré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    «Pas tout de suite. Il faut faire durer le plaisir.», se dit-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Alors qu'il s'était blotti contre elle, il la sentit bouger sa jambe. Pris d'un sursaut, il quitta le lit d'un bond et la regarda, effrayé. Un des liens lui retenant les pieds s'était défait. Le noeud avait été sans doute mal fixé après le pied du lit. Simon rattacha la corde, en s'assurant qu'elle ne lâcherait pas encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Elle était d'une beauté, lorsqu'endormie. Ses cheveux qui encadraient son visage un peu rond, ses bras placés en croix qui ouvraient sa poitrine...  Elles étaient toutes spéciales, quand il les ramenait chez lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Simon pencha la tête devant ce spectacle qui l'étonnait encore à chaque fois. Mais ce soir-là, il avait brisé le moment. Il avait eu peur qu'elle se soit réveillée. Mais jamais ce n'était arrivé avant. Il s'avança lentement vers le lit, Time l'accompagnant dans sa lente marche. Il était maintenant debout, à côté du lit. Si près de cet ange roux, son pénis se gonfla d'excitation, dans l'appréhension de ce qu'il allait faire. Il se pencha pour sortir son sac de dessous du lit. En l'ouvrant, il leva la tête vers Jessie. Ou Fanny. Mais il préférait Jessie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    «Tu es vraiment mon genre de fille.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Il déposa sa scie égoïne sur le lit, à côté de la jeune fille endormie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    «Vraiment.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Sa gorge, nouée par l'excitation, avait étouffé la dernière syllabe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Il posa un baiser sur le front de Jessie. Puis, prenant une grande respiration, il reprit en main son outil. Dressée comme un phallus, la scie reflétait la lumière de chevet. Simon réprima un petit tremblement de la main et posa les dents de la lame sur la cuisse de l'objet de son désir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    À chaque mouvement de bras, le coeur de Simon battait la chamade. La voix de Clare Torry emplissait ses oreilles et il pouvait sentir ses jambes fourmiller. Après plusieurs minutes, il déposa la scie et se déshabilla lentement, en regardant le visage inconscient de Jessie. Son gland turgescent s'élevait maintenant à la hauteur de son nombril.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Brain Damage jouait pendant que Simon pénétrait Jessie avec force. Il sentait la jouissance monter en lui, traverser son membre à chaque fois qu'il entrait en elle. L'odeur de sa sueur mêlée au sang lui faisait tourner la tête. Puis, de plus en plus, il sentait l'orgasme approcher. C'est vers le milieu d'Eclipse qu'il explosa, se vidant de son plaisir en elle. Tous ses muscles se contractèrent, pendant un instant, puis se relâchèrent. Il se laissa choir sur le corps qu'il avait mutilé, pour profiter une dernière fois de l'odeur sensuelle de la mort qui, une fois de plus imprégnait ses draps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    Le silence était revenu dans la maison lorsque Simon se décida enfin d'aller prendre une douche. Avant de sortir de la chambre, il se retourna vers le lit. Le tronc de Jessie baignait dans une mare de sang, ses membres sciés pendant chacun au bout de leur corde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    «Tu étais vraiment mon genre de fille.»&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-3118947050139451073?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/3118947050139451073/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/03/nouvelle-erotique.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/3118947050139451073'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/3118947050139451073'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/03/nouvelle-erotique.html' title='Nouvelle... érotique?'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-74700506000413475</id><published>2009-03-26T09:11:00.001-07:00</published><updated>2009-03-26T09:11:47.431-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Poésie'/><title type='text'>Velours d'acier</title><content type='html'>Je suis un homme au coeur de glace et aux mots d'acier&lt;br /&gt;et je ne saurai jamais m'écrire sur un écrin de velours&lt;br /&gt;je t'ai tué (je me suis tué, je nous ais tué, je les ais tués) cent fois plutôt qu'une&lt;br /&gt;et je ne veux plus m'avancer, dans la persistance de la mémoire&lt;br /&gt;parabole paradigmatique aux effluves de syntagme&lt;br /&gt;je suis accroché aux choix multiples de mes mots&lt;br /&gt;et je ne sais pas si j'aime&lt;br /&gt;mais je sais que d'autres le feront, un peu plus, à chaque fois&lt;br /&gt;une perversion        on se ressemble&lt;br /&gt;la garde baissée, la tête pleine de rêves     plus de dignité&lt;br /&gt;l'avenir se dessine dans mes paroles métalliques     je m'attends&lt;br /&gt;et qu'à leur insu, sur un morceau de velours, je t'écrive&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-74700506000413475?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/74700506000413475/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/03/velours-dacier.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/74700506000413475'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/74700506000413475'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/03/velours-dacier.html' title='Velours d&apos;acier'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-9013114984945122808</id><published>2009-03-22T17:28:00.000-07:00</published><updated>2009-03-22T17:29:32.610-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nouvelle littéraire'/><title type='text'>Atelier</title><content type='html'>Le soleil traversait les carreaux du corridor menant à la cuisine, faisant apparaître deux gros carrés lumineux sur le mur. Bien que la température matinale semblait être confortable, Pierre pouvait sentir la froide céramique sous ses pieds. En entrant dans la cuisine, il s'étonna un peu de voir Murielle encore à la table, elle qui devrait être parti travailler. Il gratta son torse nu et c'est en achevant un bâillement qu'il dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Bonjour, ma belle!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Murielle prit une gorgée de café, sans cesser de fixer son journal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Murielle, ça va?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle tourna une page de son journal et releva la tête. Le soleil qui la frappait dans les yeux ne semblait pas atténuer son air mécontent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Où est la voiture, Pierre?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un grattement, suivi de petits gémissements, attira l'attention de Pierre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah! Pistache veut prendre une marche, on dirait. Je vais y aller.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pierre, il faut qu'on se parle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le ton qu'avait pris Murielle empêcha Pierre de se retourner pour quitter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Assieds-toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le plancher sous la table était plus froid, caché du soleil par la table. En voulant s'accoter sur le dossier de la chaise, Pierre eut un petit sursaut, causé par le froid des barreaux métallique traversant la chaise. Il regarda Murielle, qui continuait de le fixer, sans dire un mot. Ses cheveux blonds attachés en chignon lui donnaient un air trop sérieux et accentuaient le léger plissement de ses yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Euh... j't'écoute?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- T'as vraiment aucune idée de quoi je veux parler?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre jeta un coup d'oeil derrière Murielle, vers la porte d'entrée. Le chien avait cessé de gratter à la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Non, dit-il, tout en secouant la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Murielle prit une grande respiration en roulant ses yeux. Elle ferma son journal et se leva.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Murielle? Qu'est-ce qui se passe?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Murielle s'appuya sur le comptoir, les mains bien à plat sur la surface, faisant dos à Pierre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Où est-ce que t'étais, hier?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les barreaux de chaise étaient maintenant tièdes dans le dos de Pierre. Le chien avait recommencé à gratter à la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Murielle, il faudrait vraiment faire sortir le chien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Murielle tourna sèchement sa tête en direction de Pierre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Où est-ce que t'étais, Pierre?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J'étais parti avec les gars! Je te l'avais dit, non?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Murielle se retourna pour lui faire face. Sa colère semblait avoir cédé la place à une certaine tristesse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Steeve a appelé hier soir. Il voulait t'inviter à venir avec eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oui, et j'y suis allé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ils ont appelé deux heures après ton départ, Pierre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chien recommença à gratter à la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Murielle, le chien...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Murielle se pencha la tête. Elle se dirigea vers la porte d'entrée pour disparaître dans le petit corridor. Pierre se leva et se prépara un bol de céréales. Alors qu'il s'apprêtait à le manger, Murielle revint dans la cuisine. Ses yeux étaient maintenant bouffis et rougis, sans doute parce qu'elle avait pleuré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Murielle, qu'est-ce qu'il y a?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Murielle lui tendit le journal qu'elle lisait. Sur la première page, on pouvait y lire : « Une voiture jetée du haut d'une falaise. Tous les détails en page A-4. » Le chien intensifia ses gémissements et gratta de plus belle à la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pierre, qu'est-ce qui se passe?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre fixait le journal, incrédule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je... C'est... Bon, Murielle, sors le chien, je ne m'entends plus penser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pierre, nous n'avons pas de chien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre releva la tête. Murielle déposa devant lui une poignée de comprimés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pourquoi, Pierre?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-9013114984945122808?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/9013114984945122808/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/03/atelier.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/9013114984945122808'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/9013114984945122808'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/03/atelier.html' title='Atelier'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-6118743112336422521</id><published>2009-03-18T22:19:00.000-07:00</published><updated>2009-03-18T22:21:14.149-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Poésie'/><title type='text'>Sans titre</title><content type='html'>J'étoufferai les sons fictifs de ta mémoire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-6118743112336422521?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/6118743112336422521/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/03/sans-titre.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/6118743112336422521'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/6118743112336422521'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/03/sans-titre.html' title='Sans titre'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-8406643670864029295</id><published>2009-03-16T15:41:00.000-07:00</published><updated>2009-03-16T15:45:13.160-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Haïku'/><title type='text'>Haiku</title><content type='html'>hiver d'un fleuve&lt;br /&gt;sur le littoral&lt;br /&gt;morceaux de froid épars&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-8406643670864029295?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/8406643670864029295/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/03/haiku.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/8406643670864029295'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/8406643670864029295'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/03/haiku.html' title='Haiku'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-1295528602993429143</id><published>2009-03-16T15:37:00.000-07:00</published><updated>2009-03-16T15:47:36.633-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nouvelle littéraire'/><title type='text'>À quoi, version retravaillée</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je la dis ou je la dis pas&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La pensée qui brûle en moi&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Mon amour, je n'aime que...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Et là? Là tu penses à quoi?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;À rien&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;À quoi de Stéphanie Lapointe et Albin De La Simone&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;  &lt;br /&gt; On est couchés là. L'un dans l'autre, comme ça. À travers l'herbe humide. Et on ne parle pas. On regarde le ciel et ses étoiles fixées, comme des milliers de petits clous bien ancrés. Elle respire, sans faire trop de bruit, comme si elle avait peur de casser l'instant. Je ne la regarde pas, mais je la sens, présente comme jamais, collée à moi. Ses longs cheveux bruns doivent être étendus tout autour de sa tête, dessinant un halo visible à vol d'oiseau.&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;    - Tu penses à quoi? qu'elle me demande, d'une toute petite voix.&lt;br /&gt;    - À rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    C'est silencieux, tout autour. Juste les grillons. Et le vent d'été, à travers les branches du chêne à quelques mètres. Quelques fois, une voiture passe, sur la route, en bas de la cour. J'écoute la campagne. Un gros nuage vient de cacher la Grande ourse.&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;    - Toi, tu penses à quoi?&lt;br /&gt;    - À rien, me répond-elle, sur le même ton.&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;     Combien de temps s'est écoulé, depuis notre arrivée? Mon bras est coincé sous son corps. Peut-être une heure. Ou deux. J'ose pas nous déranger, pour regarder ma montre. J'ai envie de lui parler. De lui demander tout ce que je ne sais pas d'elle. De connaître tous ses souvenirs, à défaut d'en faire partie.  Mais tout ce qu'il va sortir de ma bouche, c'est :&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;    - Là tu penses à quoi?&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;     Un coup de vent secoue l'arbre. Le chuchotement des feuilles couvre le chant des grillons. L'air nocturne de juillet passe au-dessus de nous, comme un drap nous effleurant la peau. Un frisson me picote les jambes et me remonte jusqu'au bas du dos. Je la sens se caler contre moi. Et dans le creux de mon oreille, j'entends :&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;    - À rien.&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;     Il va peut-être pleuvoir. Mais tous les nuages sont noirs, la nuit. Et celui-ci vient de passer. Je vois Cassiopée, dans le ciel. Est-ce qu'on regarde la même chose? Peut-être qu'elle regarde les pieds d'Andromède, ou l'épaule de Persée. Dans mes mains, ses cheveux fins glissent comme des rubans de papier de soie. Je lui dis ou pas?&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;    - Je t'...&lt;br /&gt;    - Et là? Tu penses à quoi?&lt;br /&gt;    -À rien, que je lui réponds.&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;     Et on continue de regarder le ciel pour un long moment. Mais ce ne sera jamais assez.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-1295528602993429143?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/1295528602993429143/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/03/quoi-version-retravaillee.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/1295528602993429143'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/1295528602993429143'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/03/quoi-version-retravaillee.html' title='À quoi, version retravaillée'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-5860437293425999265</id><published>2009-03-16T15:28:00.000-07:00</published><updated>2009-03-16T15:37:29.941-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Poésie'/><title type='text'>L'il nu</title><content type='html'>Il était là face à son trépas          qui l'enlisait&lt;br /&gt;Il ne pourrait plus s'affranchir         le temps     tictactictac    le brûlait&lt;br /&gt;Il se voyait là. Ici. Dans un univers au bout de ses doigts.&lt;br /&gt;L'imaginaire du vide élançait le ciel.&lt;br /&gt;Il dansait sur les heures.     Le temps     tictactic     s'écourtait&lt;br /&gt;Ses doigts recouverts de poussière       s'agrippaient à la falaise.&lt;br /&gt;Il tirait à lui l'impossible pensée.     Le temps    tictac   lui glissait des doigts&lt;br /&gt;Il était tout ce qu'il avait bâti            une tour inflexible, face au soleil&lt;br /&gt;Il s'avançait, une étoile à la main. Une brûlure au coeur.     Le temps     tic    le rattrapait&lt;br /&gt;Il était métaphysique dans un état 'pataphysique.    Le temps     s'arrêtait.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-5860437293425999265?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/5860437293425999265/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/03/lil-nu.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/5860437293425999265'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/5860437293425999265'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/03/lil-nu.html' title='L&apos;il nu'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-2690378299533555007</id><published>2009-03-15T22:40:00.000-07:00</published><updated>2009-03-15T22:46:22.521-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Poésie'/><title type='text'>Un fleuve</title><content type='html'>Je voudrais me fendre en quatre, là où le fleuve se sépare de la terre. Perdre pied et m'accrocher au littoral, pour ne sentir que la brise du silence. Je voudrais me fracasser aux rochers de tes idées, m'oublier, comme ça. Suivre le courant de ma rage.&lt;br /&gt;Verser un torrent de cris, une chute de haine. Et une bruine de je t'aime.&lt;br /&gt;Je te sanglote, sur le bord d'un fleuve aux milles visages.&lt;br /&gt;Va-t-en aux quatre coins du monde. Propage-toi, comme une maladie.&lt;br /&gt;Et laisse-moi me greffer à la mer.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-2690378299533555007?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/2690378299533555007/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/03/un-fleuve.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/2690378299533555007'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/2690378299533555007'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/03/un-fleuve.html' title='Un fleuve'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-2614897410809152438</id><published>2009-03-15T13:36:00.000-07:00</published><updated>2009-03-16T15:47:36.634-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nouvelle littéraire'/><title type='text'>À rien</title><content type='html'>&lt;span style="font-style: italic;"&gt;J'entends le silence étourdi&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le vent dans les branches&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je ne pense pas, j'atterris&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je reviens à la vie&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;À quoi de Stéphanie Lapointe&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On est couchés là. L'un dans l'autre, comme ça. Et on ne parle pas. On regarde le ciel et ses étoiles fixées, comme des milliers de petits clous bien ancrés. Elle respire, sans faire trop de bruit, comme si elle avait peur de casser l'instant. Je ne la regarde pas, mais je la sens, présente comme jamais, collée à moi. Ses longs cheveux bruns doivent s'étendre sur l'herbe humide comme un halo autour de sa tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu penses à quoi? qu'elle me demande, d'une toute petite voix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- À rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est silencieux, tout autour. Juste le vent d'été, à travers les branches du chêne qui nous voisine, à quelques mètres. Un gros nuage vient de cacher la Grande ourse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Toi, tu penses à quoi?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- À rien, me répond-elle, sur le même ton qu'elle m'avait posé la question.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Combien de temps s'est écoulé, depuis notre arrivée? Mon bras est coincé sous son frêle corps. Peut-être une heure. Ou deux. Je devrais lui parler. Mais tout ce qu'il va sortir de ma bouche, c'est :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Là tu penses à quoi?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un coup de vent secoue l'arbre. Je l'entends se retourner vers moi et elle me chuchote :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- À rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il va peut-être pleuvoir. Mais tous les nuages sont noirs, la nuit. Et celui-ci vient de passer. Je vois Véga, dans le ciel. J'ai une pensée qui me brûle les lèvres. Mon amour, je n'aime que...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et là? Tu penses à quoi?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-À rien, que je lui réponds.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et on se tait, à regarder les mêmes étoiles depuis longtemps. Mais ce ne sera jamais assez longtemps.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-2614897410809152438?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/2614897410809152438/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/03/rien.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/2614897410809152438'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/2614897410809152438'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/03/rien.html' title='À rien'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-4664003695779711070</id><published>2009-02-26T11:33:00.000-08:00</published><updated>2009-02-26T11:44:35.397-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Poésie'/><title type='text'>Société</title><content type='html'>Produits de consommation, produits consommés, produits consommateurs. On parle on parle on parle, plus y'a de mots, moins y'a de signifié.   On est journal, actualités d'un monde, d'une ville. Sherbrooke, Trois-Rivière, Québec, Montréal. Paf. Rue Frontenac, lock-outée. Et on s'étouffe avec son papier. Taché de pub.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On est actualités, Internet. Cyberpresse sur iMac, Canoë sur PC, blogosphère d'insanités. On se gave on se gave on se gave, on garde pour soi, on étale sur sa tranche de pain, sa culture pop atteinte d'élitisme. Et on se sent bien, fin. On méprise les américanisés, ces colonisés, ces têtes carrées. L'oubli du miroir/écran, une réalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On est actualités,  télévisions. Devant notre Téléjournal puritain, sur l'écran catholique, on est cathodiques, fluorescents.  Bombardements de Grammys, et d'Oscars, Poule Spéciale Gala, Occupation double, triple, quadruple dans nos têtes de société. On digère le tout, écran Peptobismol. C'est vrai, ça passe à la télé. Mais ça peut pas m'arriver. C'est dans télé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelqu'un parle pour dire, dit pour parler, regarde la caméra, sourire Botox/grave/faux faux faux. Quelqu'un regarde, s'étouffe avec son Michelina/Stouffers/repas trop surgelé. Ou avec son téléviseur/journal/PC/Mac. Quelqu'un s'insurge, part en croisade, réclame des têtes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce toi, Lola?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On est société, monétaire. On doit notre cul, on se casse le cul, on vend notre cul, on raffermit notre cul, dans nos yeux, que notre cul. Je\me\moi, culte du cul. On veut le voir en manchettes, en première page, notre cul. Société du cul 2.0, sur Youtube, Facebook et tout le restant du web.&lt;br /&gt;Ce soir, en vedette, notre cul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelqu'un réussit. Quelqu'un (multiplié par millions) non.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On veut écrire, chanter, dire. Réprimer, étouffer détruire.&lt;br /&gt;On se croit élite et cultivé. Mais moi, toi, lui, nous sommes.&lt;br /&gt;Produits de consommations, produits consommés, produits consommateurs.&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-4664003695779711070?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/4664003695779711070/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/02/societe.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/4664003695779711070'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/4664003695779711070'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/02/societe.html' title='Société'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-1956473457389005990</id><published>2009-02-25T18:29:00.000-08:00</published><updated>2009-02-25T19:27:58.508-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Poésie'/><title type='text'>L'arc-en-ciel</title><content type='html'>Il faut que j'éclate. Que j'éclate ce sanglot. Ce furoncle.&lt;br /&gt;Mon espace bitumineux. Berceau de mon désert de mots.&lt;br /&gt;Espace vide et lumière accrue. Métaphysique à l'agonie. Pataphysique dans mes doigts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ta direction, une artère, un vaisseau. J'embarque, je suis le flux.&lt;br /&gt;Un rire délié aux lacets dédicacés.&lt;br /&gt;Mais qui es-tu, dans ton arc-en-ciel?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un maximum de souvenirs s'amassent, se frottent, se coagulent.&lt;br /&gt;Tissus spongieux d'histoires d'un drôle de passé. Tu cherches, tu cherches, tu cherches.&lt;br /&gt;Amalgame de déception. Un miroir sans tain au sourire d'acier. Un désir au coeur qui crie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'suis quoi, moi?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-1956473457389005990?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/1956473457389005990/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/02/larc-en-ciel.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/1956473457389005990'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/1956473457389005990'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/02/larc-en-ciel.html' title='L&apos;arc-en-ciel'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-5924666513207371551</id><published>2009-02-25T18:10:00.000-08:00</published><updated>2009-02-25T18:11:24.543-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nouvelle littéraire'/><title type='text'>Deux jours</title><content type='html'>Deux jours. Ça fait deux jours qu'il pleut. Sans cesse, comme si le ciel expulsait son trop plein de tristesse refoulée. Ça me fait tellement chier, ça même pas de bon sens. Je suis assise, à regarder par la fenêtre, une fois, de temps à autres, en espérant te voir arriver. Mais c'est con, parce que tu ne reviendras pas. T'es parti, comme ça, sans rien me dire avant. Pas parce que t'en avais envie. Pas parce que j'étais méchante. Parce que t'es mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux jours complets à écouter du Simon &amp;amp; Garfunkel, parce que tu aimais ça, surtout quand il fait comme aujourd'hui. Triste, et mouillé. Et que cette musique-là faisait que les journées tristes et mouillées devenaient différentes. T'as jamais su me dire pourquoi. Mais j'ai jamais cherché à savoir non plus. C'était des souvenirs de jeunesse, pour moi. Mon père qui mettait ça dans le tourne-disque. Et qui faisait danser ma mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«And here's to you, Mrs. Robinson, Jesus loves you more than you will know...»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu ne me faisais pas danser. Et tu l'avais en CD. Moi, je souriais quand tu l'écoutais, et je regardais dehors. C'était comme aujourd'hui. De la pluie, des nuages. Mais tu chantais, ces jours-là. Aujourd'hui, c'est Simon et Garfunkel en duo. Et moi qui les écoute. Ça fait deux jours que je suis assise, à regarder le temps passer et à appuyer sur Play quand le CD arrête. J'ai essayé de mettre autre chose. Impossible. La température exige du Simon et Garfunkel. Tu l'exiges. Je l'exige, aussi. Demain, ta famille va arriver ici. Ta mère va m'obliger d'arrêter le lecteur CD, ton père va la seconder. Ton frère va être indifférent face à cette décision et ta soeur ne saura que pleurer. Sans arrêt. Et quand elle arrêtera de pleurer, elle geindra que la musique est trop triste. Et on ne me laissera pas le choix. Même si je suis chez moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle me fait chier ta famille. Presqu'autant que la pluie. Presqu'autant que le haut-parleur qui commence à faire de drôles de petits craquements. Presqu'autant que ta mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça fait deux jours que je me demande si je ne devrais pas ouvrir la télévision. Mais j'ai peur de le faire. On pourrait parler de toi. Et entendre parler de toi, ça me virerait à l'envers. Y a que moi qui puisse faire ça en ce moment. Je ne réponds plus au téléphone. La dernière fois, c'était ta mère qui me disait qui s'amenait avec le restant de la famille proche. Demain. Les oncles et tantes vont débarquer après-demain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux jours que je suis trop faible pour m'occuper de tes funérailles. Deux jours que j'entends résonner les pleurs de ta soeur à l'autre bout du fil. Deux jours à me dire que j'aurais dû t'empêcher de partir. Deux jours complets à me culpabiliser. C'est ma faute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Ask me and I will play, all the love that I hold inside.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me lève. J'appuie sur Play et le lecteur cinq disques recommence à jouer. La routine s'est installée. Je connais l'ordre dans lequel les morceaux vont jouer. You can tell the world, Last night I had the strangest dream, Bleecker street...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux jours que je ne me lève que pour l'essentiel. Toilettes, et nourriture. Et je retrouve mon divan bien trop grand pour moi toute seule. Toujours trop grand. Comme le salon, la maison et tout ce qui m'entoure. Deux jours à apprendre l'immensité du vide, tout en replaçant une de mes mèches, brunes et grasses. Deux jours à penser à tout ce que je peux penser. Le cas du couple divorcé, de l'enfant maltraité et de la mère alcoolique qui a emboutie avec sa voiture la garderie de son fils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le téléphone sonne. Une fois. Deux fois. Trois fois. Peut-être ta mère. Ou le bureau. Ou ma soeur. Il cesse de sonner. Je suis rendue au deuxième CD sur cinq. Je l'aime bien celui-là. Y a des mots qui me font penser à toi sur celui-ci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«I know it's not right to leave you when morning is just a few hours away.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;T'es parti, comme ça. Tu t'es levé, à quatre heures trente, comme d'habitude, et tu es parti. Pour ne pas revenir. Quand le téléphone a sonné, à sept heures, et que j'ai vu sur l'afficheur Gouv-Govt, j'ai su qu'il y avait un problème.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le téléphone sonne une fois. Deux fois. Trois fois. Plein de fois. Il ne s'arrête pas. Je m'étire, juste un peu, et j'atteins le combiné du sans-fil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Allô?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Bonjour, Madame! Je m'appelle Sarah Bergeron. Je vous appelle pour savoir si vous étiez intéressée à recevoir le Journal de Québec à votre domicile?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne réponds pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Madame?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'hurle. J'hurle, comme c'est pas permis. Je souhaite lui défoncer le tympan avec mes cordes vocales. Je ne suis plus une femme, je suis une sirène, un klaxon. Et je finis par un sanglot. Je n'entends plus rien au téléphone. La tonalité revient. Et je pleure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux jours que je n'avais pas pleuré. Et je suis intarissable. Je suis comme ta soeur, une vraie fontaine d'émotions. J'entends à peine Simon et Garfunkel. Je dois bien être rendue au quatrième CD. Je me tais, juste un peu, et j'entends :  « Preserve your memories, they're all that's left you.» Et je pleure encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le cinquième CD se termine. Au lieu d'appuyer sur Play, je quitte le salon. Je monte au deuxième étage. Deux jours que je ne suis pas montée. Je suis devant la porte de notre chambre. Ma chambre. Deux jours que je n'y suis pas entrée. Je pousse la porte et regarde le noir. Les rideaux sont tirés, opaques. La peinture bourgogne et rouge pâle réussit quand même à pointer dans la pénombre. Notre lit est là, exactement comme je l'ai laissé. Les draps défaits, les oreillers frippés. J'allume la lumière et m'avance vers le garde-robe. Du bois de Colombie, en strates, tout autour de moi. Des lattes rouges et bourgognes qui m'enserrent comme une forêt. En-dedans de la penderie, notre boîte à souvenirs. Entre quelques paires de souliers de cuir, une vieille boîte de carton, anciennement pour du papier d'imprimante, renfermant des photos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux jours que je m'empêche de l'ouvrir. D'accepter son existence. Que je la renie en écoutant ta musique. Et là, elle est ouverte, sur le lit, le couvercle traînant par terre, et moi, couchée à plat ventre, appuyée sur les coudes. La couette sous moi, comme pour me protéger du confort du matelas, je pige des photos au hasard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moi, en bikini, en Floride. Toi, en train de peinturer le salon. Toi, en train de parler au téléphone. Moi, en train de lire. Toi, qui pointe un troupeau de boeufs. Qui regarde au loin, le soleil couchant du Grand lac St-François en arrière-plan. Mon coeur qui s'excite, qui se tord. Moi, qui jette la photo par terre. Qui pleure, qui se tord dans la couette, dans son molleton. Qui prend la lampe de chevet et l'arrache de sa prise pour la fracasser sur la porte de la penderie. Qui renverse la boîte à souvenirs en criant, en rageant. Qui s'écroule, acculée au mur, perdue entre les photos d'un autre temps et le vide de ma chambre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moi, qui pleure comme une petite fille. Qui demande pourquoi, sans attendre de réponse. Parce que personne peut me la fournir. Sauf toi.&lt;br /&gt;Le téléphone sonne. Il y a un sans-fil dans la chambre. Je le vois, sur le bureau. Il sonne. Encore et encore et encore... Il résonne dans ma tête, avec la musique de Simon et Garfunkel et les pleurs de ta soeur. C'est le silence. Et ça me donne mal au coeur. Je vomis tout ce que je n'ai pas pu pleuré. Par terre, entre les photos dispersées. Tout autour de la flaque, je te vois, souriant, ou mystérieux. Je suis là aussi. Avec de la famille, seule, habillée, des fois pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me traîne jusqu'au rez-de-chaussée. Il pleut encore. Il pleut toujours. Je pense à ta mère qui va débarquer avec son escadron et qui va s'imposer plus que jamais. Comme si c'était ma faute.  Comme si je m'étais arrangée pour que tu partes. Comme si...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le téléphone sonne. Je l'écoute me fendre le crâne. Dans la cuisine, je suis face à lui. L'afficheur m'indique Jacque Carole. Ta mère qui m'appelle. Un effort de plus, je réponds. Ta mère, qui me demande si j'ai été contactée par les familles des victimes. Je ne réponds pas. Je me terre dans le mutisme. Ta mère insiste. Elle hausse le ton. Et je suis face à la vérité. T'étais pas ce que je croyais. Et je perçois le ton accusateur de ta mère. Ses reproches déguisées. Comme si c'était moi qui t'avais poussé à partir ce matin. À entrer dans un restaurant 24 heures. Et à tirer sur tout le monde. Avant de retourner l'arme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux jours à me demander pourquoi t'as fait ça. À te chercher dans ta musique, et dans le salon trop grand, sur le divan trop grand. À refuser l'existence de nos photos, de notre chambre, de ce coup de téléphone qui m'a virée à l'envers. À écouter la pluie tomber sur East Broughton, campagne monotone en périphérie de Thetford Mines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je raccroche, sans rien dire. Je regarde le téléphone. D'une minute à l'autre, il va sonner. Et, par un bref moment de folie, je crois, je l'arrache du mur, je le jette au centre de la cuisine. Sans crier. Parce que j'ai personne à intimider. Sauf moi. Et que je ne me fais pas peur.&lt;br /&gt;La pluie a cessé. Les nuages sont encore là. Je n'ai pas appuyé sur Play. Simon et Garfunkel commencent à me peser sur l'âme. Je regarde l'écran noir de ma télévision. Noir, mais les reflets de lumière viennent s'y imprimer. Un carré gris-clair, avec ma tête découpée. Je prends la télécommande et je l'ouvre. À RDI, ils ne parlent pas de toi. C'est la crise économique, c'est l'Obamania, c'est tout. Je le mets à LCN, et j'attends.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Des nouvelles sur le policier qui a ouvert le feu sur cinq personnes dans la ville de Thetford Mines, il y a deux jours...»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'entends plus rien, sauf le bourdonnement de la présentatrice. Et je comprends que personne n'avait vu venir le coup. Que les journalistes ont tenté de rejoindre la femme du gars, mais qu'elle ne répondait pas au téléphone. Qu'elle ne répondait pas à la sonnette. Qu'on pouvait la voir, par la fenêtre, mais qu'elle ne bougeait pas, et ne faisait attention à personne. Je me vois, à la télévision. Mon dos de tête, à travers le temps gris. Je retourne un peu la tête, comme pour jeter un coup d'oeil, mais je ne vois pas les caméras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux jours que je dois passer pour la veuve éplorée aux yeux du Québec entier. Deux jours qu'on doit dire que je vais m'enfermer dans la folie. Que mon suicide est imminent. Presqu'attendu. C'est qu'une question de temps avant que tes anciens collègues débarquent pour voir si je suis toujours en vie. En état de vivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur Musimax, on passe The boxer, de Simon et Garfunkel. Je ferme la télé, il ne pleut plus. Je suis encore dans le vide. Je ne pense plus, l'instant d'une seconde. Je regarde tes vieux disques. Je mets celui de Jethro Tull dans le lecteur, déposant celui de Simon et Garfunkel par terre. J'appuie sur Play, et j'écoute. Encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«And the love that I feel is so far away, I'm a bad dream that I just had today...»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et la pluie reprend.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux jours. Ça fait deux jours qu'il pleut. Deux jours que je suis assise, à écouter de la musique. Ta musique. Et à regarder dehors, espérant ton retour. Mais c'est con, parce que tu ne reviendras pas. Jamais. T'es parti, comme ça, sans rien dire à personne. Et t'as emmené cinq inconnus avec toi. Pas parce que t'étais méchant. Parce que tu devais avoir peur de partir seul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux jours que je me demande pourquoi tu ne m'as pas laissé de lettre. D'explications. Deux jours que je ne comprends pas ta folie, et ça empire la mienne. Deux jours à me demander ce qu'il va arriver, si la musique s'arrête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux jours.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-5924666513207371551?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/5924666513207371551/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/02/deux-jours.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/5924666513207371551'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/5924666513207371551'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/02/deux-jours.html' title='Deux jours'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1227988840498177634.post-5340343320717331146</id><published>2009-02-25T18:07:00.000-08:00</published><updated>2009-02-25T18:08:09.813-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Poésie'/><title type='text'>Je suis.</title><content type='html'>Je le suis. Je le suis. Je le suis.&lt;br /&gt;J'avance, et je me demande. Je recule et je me tâtonne. Un chemin, une idée ou peu importe.&lt;br /&gt;C'est drôle comme tout change vite, du coq à l'âne. Un coeur qui bat, qui bat, qui bat. Qui est.&lt;br /&gt;Je suis. Je le suis. Je ne sais plus si je suis.&lt;br /&gt;Identité cathodique. Modèle canonique de l'artiste échancré, échancré, échancré.&lt;br /&gt;Je ne cherche pas à quoi je rime, ni à qui.&lt;br /&gt;Je suis. Soi/moi/lui/nous/on.&lt;br /&gt;Comme ça. Sans idée.&lt;br /&gt;Préconçu. Stéréotypé.&lt;br /&gt;Je regarde un ciel filer à toute vapeur, et une idée m'enlumine.&lt;br /&gt;Je suis. Mais je ne veux.&lt;br /&gt;Mais je peux et je le sais.&lt;br /&gt;Je suis.&lt;br /&gt;Je. Identité silencieuce.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1227988840498177634-5340343320717331146?l=revedelangage.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://revedelangage.blogspot.com/feeds/5340343320717331146/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/02/je-suis.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/5340343320717331146'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1227988840498177634/posts/default/5340343320717331146'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://revedelangage.blogspot.com/2009/02/je-suis.html' title='Je suis.'/><author><name>Mathieu</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/__GeGgk0uIC0/Sb6NgT6kZ_I/AAAAAAAAABQ/Opv3JYsFJoc/S220/Photo+4.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
